No Justice, No Peace – La jeunesse burkinabée se soulève

12 mars 2011 § Poster un commentaire

Burkina Faso – La rue menace le pouvoir de Blaise Compaoré : le syndrome égyptien traverse le Sahara

 

Il souffle sur le Burkina Faso, un vent de révolution anti Compaoré. Les élèves n’arrêtent plus de narguer l’autorité du «beau Blaise», au pouvoir depuis 1986. Vingt cinq ans après la mort de Thomas Sankara, c’est peut-être l’heure de la seconde révolution du Faso, que sonne cette rue qui n’a certainement connu le révolutionnaire et panafricaniste, que dans les livres d’histoire.

 

Cela n’arrive pas qu’aux autres ! Blaise Compaoré est aussi à l’épreuve de vives contestations sociales dont on parle peu dans les médias internationaux. Pourtant elles s’intensifient malgré le caractère disproportionné de la répression policière. La révolte monte en puissance et fait tâche d’huile à travers le pays : Bobo DioulassoKoudougouGaoua,Fada GourmaTengodogo et Léo

 

La révolution «en culottes kaki», celle que mènent les collégiens burkinabè depuis des semaines contre Compaoré, a déjà fait 6 morts dont : quatre élèves tués par balles lors des marches de fin février  dans le Centre-ouest, un policier lynché par les «jeunes révolutionnaires» et un garagiste qui au hasard des tirs a perdu la vie. Plus rien ne peut émousser, la détermination de ces jeunes «frondeurs», résolus à braver les mains nues, toutes les menaces en affrontant de face le pouvoir de celui qui tient depuis 1986, «le pays des Hommes intègres» d’une main de fer.

 

En réponse à l’ordre de reprise les cours intimé par le Gouvernement burkinabé, les élèves indifférents, sont plutôt descendus dans les rues pour réclamer justice. Et ils sont allés encore plus loin dans la défiance du pouvoir. Brûlant quatre commissariats à Yako (100 km au nord de Ouaga), à Koupéla (140 km à l’Est), à Gourcy (au nord) et à Dori (Nord Est). À chaque fois, ils faisaient le bonheur des détenus, heureux de retrouver leur liberté. Un autre casse-tête pour l’administration burkinabé. Impuissant, le pouvoir, n’a pu constater que les dégâts. Il a «condamné fermement ces dérives inacceptables et ces comportements dont il est difficile de faire le lien avec le désir de manifestation de la vérité» suite à la mort de leurs camarades.

 

Des «actes de vandalisme» condamnables, certes. Mais ils ne sont peut-être que l’expression violente, d’une irrésistible aspiration, à plus de liberté et à plus de démocratie. Comme quoi, les enfants savent aussi montrer aux anciens, «les sentiers de la liberté». Pour l’instant, ils ne demandent pas à Blaise de «dégager». Mais il y a des signes qui ne surprennent personne, encore moins, Monsieur Compaoré !

 

Ange Hermann Gnanih,
Afreekelection, 8 mars

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Manifestations d’élèves : Le gouvernorat de l’Est et le commissariat de Diapaga incendiés

La lame de fond enclenchée depuis le décès de l’élève Justin Zongo à Koudougou semble avoir gagné toutes les localités du Burkina. La métastase selon toute évidence est maintenant effective dans la mesure où elle a retenti jusqu’aux confins du pays. En effet, le mercredi 9 mars 2011 aura été une journée chaude dans la région de l’Est, qui a pour chef-lieu Fada N’Gourma. Les élèves de ladite région, à l’instar de leurs camarades des autres contrées du pays, ont battu le pavé pour exiger vérité et justice pour Justin Zongo qui serait mort de sévices corporels.

Selon nos sources d’information, c’est à Bogandé, chef-lieu de la province de la Gnagna, que de violents heurts ont opposé, tôt le matin, les forces de sécurité et les élèves qui, sortis nombreux, n’avaient qu’un seul objectif : brûler le commissariat de police et «manger» du policier. Au moment où nous tracions ces lignes, des témoins occulaires font cas d’un hangar et d’un véhicule incendiés dans l’enceinte du commissariat de police de ladite localité. Plus tard, un peu vers la mi-journée, il nous a été rapporté, de sources concordantes, que les élèves de Fada N’Gourma ont bravé les forces de sécurité pour mettre le feu au gouvernorat de la région.

Et il s’en serait suivi un véritable accrochage entre les éléments de la compagnie républicaine de sécurité (CRS), et les scolaires qui ne cachaient visiblement pas leur furie, et voulaient également en découdre avec les policiers. C’est dans ce méli-mélo indescriptible empreint de passions et d’émotions, que nous apprenions que les scolaires de Diapaga, chef-lieu de la Tapoa, province située à l’extrême Est de la région, à environ 440 km de la capitale, ayant été dans un premier temps tenus à l’écart par les forces de l’ordre, ont aussi incendié les locaux de la direction provinciale de la police nationale.

 

Le Pays / LeFaso.net, 10 mars.

 

Burkina: une vingtaine de détenus s’évadent lors de manifestations de jeunes

OUAGADOUGOU – Une vingtaine de détenus se sont échappés lundi au Burkina Faso après l’incendie de quatre commissariats par des jeunes lors de manifestations organisées pour dénoncer de récentes violences dans lesquelles quatre jeunes avaient été tués.

Le gouvernement du président Blaise Compaoré a condamné lundi soir des « dérives inacceptables » et promis de « prendre ses responsabilités pour que cessent ces agissements ».

Alors que le gouvernement avait ordonné la reprise lundi des cours suspendus depuis une dizaine de jours après les violences, les jeunes sont descendus dans les rues pour réclamer justice.

A Yako, localité située à environ 100 km au nord de Ouagadougou, « les élèves ont mis le feu ce matin au commissariat et ont laissé échapper une dizaine de détenus que nous avions placés en garde à vue », a indiqué à l’AFP par téléphone un policier sous couvert de l’anonymat.

Le commissariat de Koupèla (140 km à l’est de la capitale) a également été incendié, et neuf détenus ont pu s’en évader, selon des habitants.

« Il n’y a plus rien, tout est parti, même les prisonniers », a témoigné un enseignant de Koupèla dans la journée. « Actuellement les enfants s’amusent sur les restes des murs du commissariat ».

Les manifestants ont mis le feu au commissariat de Gourcy (nord), et à Dori (nord-est) la direction régionale de la police, qui abrite également le commissariat, a été aussi incendiée, a rapporté un habitant, Amadoun Maïga.

Dans ces deux localités, les détenus avaient été transférés des commissariats vers d’autres sites avant l’arrivée des manifestants, selon des sources concordantes.

Les manifestations ont été entraînées par la mort de six personnes, tuées lors de marches fin février dans la région du Centre-Ouest: quatre élèves tués par balles, un policier lynché par les manifestants et un garagiste également mort par balles.

Des manifestations pacifiques ont été signalées lundi à Bobo Dioulasso, deuxième ville du pays, Koudougou (ouest), Gaoua (sud-ouest), Fada N’Gourma (est), Tenkodogo (nord), Pô et Léo (sud).

Lundi soir, le gouvernement a dénoncé dans un communiqué l’incendie des commissariats de police et des « actes de vandalisme sur des édifices publics ».

Il « condamne fermement ces dérives inacceptables et ces comportements dont il est difficile de faire le lien avec le désir de manifestation de la vérité » sur la mort des manifestants, selon ce texte.

(©AFP / 07 mars 2011 23h22)

 

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