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24 mars 2011 § Poster un commentaire

… comme tout ce qui figure sur ce site.

Le Pot’Co’Le (comme Potager Collectif des Lentillères) est né en
mars 2010, d'une manifestation, fourche en main, qui a abouti à
l'occupation et au défrichage, par 200 personnes, de terres maraîchères
laissées à l'abandon depuis des années rue Philippe Guignard, en plein
Dijon. Il fête son premier anniversaire : un an de rencontres entre
jardinier-e-s en herbe, pros de la binette, voisin-e-s enthousiastes ou
habitant-e-s d'autres quartiers. Un an pour passer de la  critique de
l'agro-industrie à la production de succulents légumes. Une année
sillonnée par des luttes : contre l'expulsion de la Villa, la maison qui
servait d'espace d'organisation au potager, pour participer à des
réseaux paysans ou soutenir l'opposition à la Loppsi 2.

	En ce printemps 2011, le compte à rebours pour la survie du
jardin collectif est amorcé : la mairie vient en effet de lancer les
hostilités en publiant l'appel d'offre pour la reconversion du quartier
des « Anciens Abattoirs ». En contradiction totale avec les
préconisations « vertes » du PLU, le projet actuel prévoit de bétonner
les 6 hectares subsistants de terres maraîchères..

	Nous appelons aujourd'hui à une résistance collective pour
développer les luttes potagères et nous autonomiser de l'agro-industrie,
mais aussi pour une ville où l'espace ne soit pas entièrement aseptisé
et livré aux intérêts marchands ...même en vert. Nous pensons que si la
Mairie, n'est pas a l'écoute des initiatives prises par des habitant-e-s
de la ville, il faut se donner les moyens de lui faire entendre et
d'empêcher les bulldozers de venir tout ravager.

# Sous l'vert, y'a du béton !

	Le paradoxe est fâcheux : la Mairie veut faire de Dijon une
ville écolo d'excellence et ne construire plus que des
« eco-quartiers », adhère avec fracas au réseau « terre en villes » pour
la préservation de l'agriculture paysanne intra ou péri-urbaine, dit
vouloir que les amaps se développent et ajouter des potagers à son
Eco-Plan Local d'Urbanisme. Elle s'apprête dans le même temps à bétonner
les derniers hectares de précieuses terres maraîchères disponibles en
ville, alors que s'y développent déjà des jardins partagés...et ce pour
y installer un eco-quartier.

	Notre but n’est sans doute pas de nous opposer à des logements
accessibles à Dijon. Cependant pourquoi s'attaquer à ces terres plutôt
que de privilégier d'autres espaces déjà bétonnés et abandonnés, ou
d'investir les 5000 logements laissés vides sur l'agglomération ? Il
n'est pas anodin que malgré toute la propagande eco, il y ait toujours
de la place pour de nouveaux supermarchés, une extension d’aéroport ou
un commissariat, une super structure subventionnée de type Zénith, ou
des niches d'entreprise, mais pas pour des potagers.

	En fait d'urbanisme eco, on se retrouve avec des quartiers
repeints en verts, mais aux habitats aseptisés dans une logique
individualiste, majoritairement durs d'accès pour les pauvres, et
conformes à une vision sécuritaire où l'espace doit être « transparent »
et contrôlable. L'écologie y est prétexte à faire tourner l'industrie et
le btp, qui voient les normes environnementales comme un nouveau marché
juteux pour continuer à raser sans cesse, reconstruire, vendre de
nouveaux gadgets...et polluer plus durablement. Des vélos contre plus de
pubs, de l'énergie solaire contre plus d'extraction minière, du
recyclage pour plus d'emballage ou de nouveaux habitats entourés de plus
de caméras... Loin de remettre en cause la croissance industrielle et
l'exploitation, l'écologie appropriée par les décideurs sert surtout
d'image de marque pour des projets de villes mégalo. On y replante
quelques arbres, mais le bien être s'y mesure toujours avant tout à la
compétitivité économique et à l'attractivité pour les entrepreneurs et
les plus aisé-e-s. On y gomme les problématiques sociales et les
responsabilités politiques, en nous faisant croire que changer le monde
tiendrait à des « eco-gestes » individuels et citoyens.

	Ce potager, ce qui y pousse et ce qui s'y crée, participe à
affirmer une autre idée de la ville. Nous voulons, pour notre part,
défendre les trop rares espaces d'où émergent des initiatives qui ne
soient pas encadrés par les institutions et formatés dans leur intérêt,
où chaque mètre carré n'est pas rentabilisé par les marchands de toute
sorte... Nous voulons développer des territoires urbains fait de
pratiques collectives et de réappropriation des savoirs, d'échanges
nourris et de rencontres fortuites, des zones d'ébullition, de jeux et
de contre-pouvoirs. Une ville où « la solidarité » et les « liens de
quartiers » ne soient pas des concepts marketings, mais des moyens de ne
plus se laisser écraser et atomiser par tout ceux qui tiennent à notre
docilité.  

# Pourquoi cultiver face à l'agro-industrie ?

	 Dans sa course au rendement, le modèle agricole dominant, basé
sur une logique industrielle et productiviste, requiert un usage massif
de pétrole, de pesticides, d’engrais, d’emballages plastiques, le
transport des aliments sur des milliers de kilomètres. Il contribue à
l'épuisement des sols et des cours d’eau, à la désagrégation des liens
sociaux dans des campagnes dévitalisés, mais aussi, à échelle plus
large, à l’exploitation et au maintien dans la misère de millions de
sans-papiers et sans-terres en Europe et dans le monde. Son
développement à l’échelle mondiale n’a fait qu’aggraver les inégalités
sociales, la destruction de la biosphère et livrer le vivant, des champs
jusqu’aux semences et engrais, aux tenants de l’agro-industrie mondiale
et à leurs trusts. 

	Partout dans le monde, des millions de paysan-ne-s se battent
pour garder un contrôle sur leurs ressources, pouvoir nourrir les leurs
et ne pas finir dans des bidonvilles. En Europe, les politiques
alimentaires ont presque réussi à faire disparaître totalement la «
paysannerie » en faisant en sorte qu’il soit presque impossible pour les
petits agriculteur-trice-s de vivre du travail de la terre et pour les
jeunes de s’installer comme paysan. Elles ont rendu la plupart d’entre
nous complètement dépendant-e-s, coupé-e-s de tout savoir-faire, espaces
et pratiques connectées à la production de notre alimentation. 

         Autour de Dijon, des maraîcher-e-s, paysan-ne-s et des
associations regroupant des citadins ou des ruraux, dénoncent et défient
la domination de l’agriculture productiviste. Des initiatives variées
mettent l’accent sur les divers freins institutionnels et politiques à
l’installation que rencontrent notamment des projets paysans, pour
lesquels l’accès au foncier demeure souvent problématique. Dans le même
temps des centaines de familles dijonnaises qui voudraient rejoindre des
amaps restent en liste d'attente.

      En plus du soutien aux projets agricoles à contre-courant, les
potagers coopératifs à proximité ou au sein des villes sont parmi les
moyens possibles pour défricher les bases d’une agriculture, locale et
directe... Ces expériences questionnent les modes de productions et le
cloisonnement producteurs-consommateurs. Elles fertilisent des liens sur
la base d'une terre partagée, habitée et travaillée. Elles permettent de
briser en acte le brevetage et la commercialisation systématique du
vivant. Elles démontrent que le refus de la nourriture industrielle ne
se vend pas sous plastique et hors de prix dans un rayon de
supermarché ! Nous cultivons parce que c'est bon, mais aussi parce que
sortir l’alimentation des mains de l’agro-industrie est à la charnière
de tout projet social émancipateur. 

# Le Potager comment ça marche ?

	Il est possible de venir jardiner au Potager Collectif des
Lentillères tous les jours. Des rendez-vous plus formels sont proposés
un samedi ou dimanche deux fois par mois (1), pour des chantiers
collectifs, un repas sur le principe de l’auberge espmble et les
récoltes sont partagées. Le Pot'Col'Le s'organise avec quelques
assemblées, des tableaux et panneaux, beaucoup de bonne volonté et pas
trop de formalisation bureaucratique. On cherche à produire, mais aussi
à apprendre et expérimenter.

	Cependant, si vous préférez faire votre propre jardin, pas mal
de terres situées autour du Pot'Col'Le sont disponibles. Libre a vous de
les investir ! Et nous serons heureux d'avoir des voisin-e-s à aider
dans leurs opérations de jardinage. 

contact : tierraylibertad [ at ] potager.org
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