Fukushima : protestations et censure

3 mai 2011 § Poster un commentaire

Protestations au Japon
Posted: 2011-05-01 sur Paris s’éveille
Un ami qui a fui Tokyo avec femme et enfant ­ surtout pour protéger l’enfant du risque éventuel de radiations, sur lequel il est impossible de savoir quoi que ce soit ­, s’informe néanmoins au jour le jour autant que faire se peut. Il me parlait, hier, d’une grosse manifestation qui s’est produite à Tokyo il y a quelques jours et dont les médias japonais ont parlé le moins possible, les journaux télévisés du soir ne mentionnant même pas l’événement.

Une rapide recherche sur google-actualités n’a pas donné mieux qu’une simple confirmation du fait, en trois lignes, pas plus (et ne mentionnant pas l’importance de la mobilisation), publiée il y a six jours. [Voir ci-dessous (I)]

Par ailleurs, parvient aujourd’hui sur la liste de la coordination anti-loppsi ce message :

Suite au silence de TEPCO et du gouvernement sur le déroulement de la catastrophe nucléaire, le gouvernement Japonais déclare « illégales » les informations sur Internet qu’il ne contrôle pas et prend des mesures pour effacer « toute information des sites internet que les autorités considèrent nuisible pour l’ordre public et la moralité ».

Et un lien sur l’article à l’origine de cette information, dont une traduction française a été faite. [Voir ci-après (II), ainsi que le lien vers l’article originel en anglais.]

Ces informations sont d’une extrême gravité en fait.
Aujourd’hui, il est manifeste que nous sommes soumis à une désinformation massive, à l’échelle mondiale. Au Japon d’abord, en France aussi, mais partout de fait, la gestion de l’information sur cette catastrophe majeure aura été rigoureusement contrôlée dès le départ. Le principe de base étant la non-information .
Le scandale de ces pouvoirs militaires qui ont imposé le choix absurde et suicidaire de l’énergie nucléaire, et qui ne veulent pas réviser leur erreur même face à l’évidence, est une grande tragédie.

De toute évidence, un bouleversement politique s’impose, partout comme en Tunisie. D’urgence.

I – Japon : les anti-nucléaire manifestent par milliers à Tokyo
24/04

Un mois et demi après la catastrophe, le Japon continue de rendre hommage à ses victimes.

Une cérémonie funèbre s’est déroulée ce dimanche à Minamisanriku, ville côtière dévastée par le séisme et le tsunami du 11 mars dernier. (Š)

Le débat sur le nucléaire, lui, prend de l’ampleur dans l’archipel. Des milliers de personnes ont manifesté dans le centre de la capitale pour réclamer la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables.

[Source : euronews]

II – La corruption médiatique qui protège TEPCO
Censure Gouvernementale des Médias

par Makiko SEGAWA à Fukushima

À Tokyo, le 6 avril, en présence de Uesugi Takashi, un groupe de journalistes indépendants a tenu une conférence de presse avec de nombreux membres du Democartic Party of Japan (DPJ) y compris l’ancien Premier ministre Hatoyama Yukio, mettant en doute l’interprétation des médias à la suite du désastre de Fukushima.
« Des journalistes indépendants et des médias étrangers suivent les faits, entrant même dans la zone d’exclusion des radiations. Cependant, étonnamment, le gouvernement du Japon continue à empêcher des journalistes indépendants et des médias étrangers d’accéder aux conférences de presse officielles au siège du Premier ministre et du gouvernement. »

Uesugi Takashi a déclaré que, depuis le 11 mars, le gouvernement a exclu tous les médias Internet et tous les médias étrangers de conférences de presse officielles de la « Situation d’Urgence ». Tandis que des médias étrangers se sont bousculés pour rassembler des informations sur les réacteurs du site nucléaire de Fukushima, ils ont été refusés d’accès aux informations directes fournies par le gouvernement, et une conséquence de cela est que « les nouvelles se sont répandues comme des rumeurs diffusées depuis l’étranger. »

En fait, l’accès a été limité de deux façons. En premier, tandis que le Secrétaire en chef du Cabinet, Edano Yukio, tient deux conférences de presse par jour pour les représentants des grands médias japonais, les représentants enregistrés de médias indépendants et d’Internet sont limités à une simple conférence de presse par semaine. Deuxièmement, par contraste avec les médias japonais qui sont informés régulièrement par Edano et, périodiquement, par le Premier Ministre Kan, les médias étrangers sont informés exclusivement par le personnel administratif.
Uesugi Takashi note aussi qu’aux conférences de presse de TEPCO, qui sont maintenant tenues au siège social, des correspondants étrangers et des journalistes indépendants japonais posent régulièrement des questions d’investigations, tandis que des journalistes pigistes enregistrent simplement et rapportent les déclarations de l’entreprise TEPCO, réitérant que la situation est essentiellement sous contrôle et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Une raison à cela, suggère Uesugi Takashi, est que TEPCO, sponsor médiatique géant, a un budget publicitaire de 20 milliards de yens annuel. En conséquence, « Les médias continuent à défendre les informations de TEPCO ! » Les médias japonais ne sont aujourd’hui pas différents des médias de la propagande de guerre qui ont continué à répéter, jusqu’à la dernière extrémité, que « le Japon gagne la guerre contre l’Amérique » s’est exclamé Uesugi.
Dorénavant, le Gouvernement japonais a pris des mesures contre les reportages indépendants et la critique de la politique du Gouvernement à la suite du désastre nucléaire, en décidant de quels citoyens peuvent ou ne peuvent pas parler en public. Une nouvelle équipe de « projet » (Ndlr : en d’autres termes plus explicites « équipe de censure ») a été créée par le Ministère des Affaires Intérieures et de la Communication, l’Agence Nationale de Police et METI, pour combattre les « rumeurs » considérées nuisibles pour la sécurité japonaise à la suite du désastre de Fukushima. Le gouvernement prétend que les dégâts causés par les tremblements de terre et par l’accident nucléaire sont amplifiés par des rumeurs irresponsables et qu’il doit agir pour le bien public.
L’équipe du « projet » a commencé à envoyer des « lettres de requête » à des organisations telles que les opérateurs de téléphonie, les fournisseurs d’accès à Internet, des stations de télévision câblée et d’autres, exigeant qu’ils « prennent des mesures adéquates basées sur les directives en réponse aux informations illégales. » Les mesures incluent l’effacement de toute information de sites Internet que les autorités considèrent nuisible pour l’ordre public et la moralité.

[Source : cartoradiations.fr]

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