« Nos lieux tombent… » − Vague proposition pour une révolution

11 mai 2011 § Poster un commentaire

Lopsi ou pas, l’État casse nos lieux. Pour les préfets, les prétextes ne manquent pas pour nous donner des coups de bâton. La répression est rodée, machinale, efficace. Doucement, tous les copains et copines passent par la case GAV et montrent leur minois aux objectifs de la police judiciaire, voire leurs empreintes et leur ADN. La SDIG classe ses petites fiches dans des armoires toujours plus grandes et commence à nous appeler par nos prénoms. Ils ne nous connaissent que trop bien.

Notre « milieu », si tant est qu’il existe, s’engonce dans une sévère dépression et plus personne ne s’organise. Ceux qui le font se voient contraints de faire des compromis avec les modérés pour construire quelque chose qui tienne la route. Où sont passées nos balades et nos sorties nocturnes ? On ne prend plus le risque : pour qui, pour quoi ? Marcher dans la rue, encadrés par des centaines de keufs en armure, ça ne nous fait pas triper. Alors on ne marche plus du tout et on se méfie des rassemblements. « Je ne vais plus en manif » est devenu notre leitmotiv, trop conscients que s’y pointer ne nous apportera rien de bon.

Montrer notre gueule n’est pas une fatalité. Pas besoin non plus de s’attrouper pour exister. Il devrait y avoir un moyen d’occuper la rue et de la réclamer sans se jeter dans la gueule du loup. Pourquoi pas fixer des rendez-vous multiples, laisser une place à la diversité des tactiques et établir une zone d’action autour d’un appel commun. Tout ça dans un espace-temps, plus ou moins bref, mais prédéfini. On débarquerait simultanément en plusieurs lieux d’une même zone, plus ou moins large, dans laquelle on agirait sans attendre la bleusaille, puis on disparaîtrait lorsqu’on la sentirait approcher. Partis comme on est venus, intouchables.

La gestion des foules est devenu leur spécialité, alors cessons d’être une foule. Apprenons plutôt à nous organiser localement, en partageant des savoirs pratiques. On manque d’ateliers. Bricoler, saboter, détourner, se défendre, sont des savoirs qu’on partage de façon trop sporadique. La rigueur nous fait chier, ou alors elle nous fait peur. Crocheter, sauter, réparer, cuisiner, s’accrocher, soigner, fabriquer, sont des choses qu’on fait individuellement, mais qu’on partage trop peu.

Se poser, prendre le temps, réfléchir à ce qui nous tombe sur la gueule et éviter de faire toujours les mêmes conneries, ce ne serait pas inutile. Au lieu de ça, on court après l’actualité, on organise nos actions en fonction des dépêches AFP et on continue encore et toujours à donner des rendez-vous aux cognes pour venir nous défoncer le coin de l’œil.

Pour quel résultat ? Nos lieux tombent. Nos forces s’amenuisent. Mais notre rage grandit et ceux qui l’expriment de façon individuelle et spontanée prennent cher et ne recommencent pas. C’est ça aussi la pacification sociale. Pour l’instant, la contre-insurrection fonctionne.

Après le G8, qui va donner l’occasion de s’agiter dans tous les coins, ce serait chouette qu’on se rencontre pour envisager une autre façon de s’organiser, un autre mode d’action, et pourquoi pas une stratégie collective. L’invitation est ouverte, mais on tentera de proposer des rendez-vous. Ça dépendra des lieux disponible et de notre motivation.

Cette proposition émane de copains et copines parisien.ne.s

de Indy Paris

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