Terreur et Union nationale

28 mars 2012 § Poster un commentaire

C’est tous les jours que ce monde produit de l’horreur

Dans les guerres que se mènent les États entre eux, ou contre des groupes
qui, s’ils ne sont pas à proprement parler des États, ne rêvent que de
pouvoir et de domination sociale et politique. A coups de bombes et autres
armes frappant plus largement que les seuls adversaires soi-disant visés,
c’est-à-dire frappant des centaines et des milliers d’individus qui ne
demandaient pas à prendre part à ces guerres, en tout cas qui ne
souhaitaient pas en crever. Cette tuerie et cette mutilation permanentes
s’étendent jusque dans les conséquences sociales dues au capitalisme : par
son travail, son industrie, ses nuisances, les maladies qu’il provoque en
pagaille. Jour, après jour, après jour.

Cette horreur diffuse devient banale, on ne l’évoque qu’en citant des
chiffres : dix morts par-ci, trente morts par-là, des centaines et des
milliers de blessés. Banale comme une hécatombe suite à un tsunami, un
tremblement de terre, fatale comme le sont les fureurs et le déchaînement
périodiques de la nature. On l’évoque donc (il est parfois plus profitable
pour certains d’évoquer le drame que de le taire, les larmes mêmes pouvant
être productives de façon intéressante dans ce monde pourri), on la glisse
dans un bulletin d’information, rapidement, car on n’a au fond rien de
bien substantiel à en dire. N’oubliez-pas, citoyens, le drame est là, la
mort frappe toujours à nos portes, et face à elle, combien est douce la
sécurité et la stabilité que l’État et l’afflux de marchandises vous
apportent ! Que le petit quotidien de la survie continue et tout ira fort
bien.

Mais tout à coup, voilà qu’un fait parmi d’autres arrête le temps qui
passe, qu’une horreur parmi d’autres crève l’écran, que la normalité fait
une pause, voilà qu’on devrait se mettre à réfléchir, alors que le reste
du temps il faut juste courir vers nulle part. Voilà qu’il ne s’agit plus
de quelques « brèves de l’horreur », lointaines et insignifiantes, mais de
l’Horreur, avec sa figure terrifiante, la mort terroriste juchée sur un
puissant scooter et revêtue de noir, qui a la fourberie de se masquer sous
un casque intégral, pour échapper aux preux chevaliers de la police
judiciaire. Elle laisse sept morts derrière elle.

Revenons rapidement en arrière. Oui la mort frappe continuellement, pas la
mort qui vous enlève tranquillement la vie, pas juste celle qui fait que
vous vous endormez dans votre lit un soir sans vous réveiller le lendemain
matin. Pas juste celle qui vient vous rappeler que, bon gré, mal gré, la
vie des êtres humains ne dure que quelques décennies et qu’il y a une fin
à toute chose. Non, celle qui tape brutalement, qui laisse son paquet
d’estropiés et d’amputés dans son sillon, en plus des cadavres ; celle qui
laisse aussi la terreur, qui cherche à l’inscrire dans le crâne de ceux
qui survivent. Qui veut frapper les esprits pour mieux paralyser le corps,
déposséder les individus de toute prise en main autonome et concrète de
leur existence. Comme nous le disions, cette mort-là a des médiateurs, des
responsables particuliers. Ils agissent toujours au nom d’une idéologie,
qu’elle soit politique ; démocratique ou non, ou bien religieuse, peu
importe quelle religion particulière historiquement, ou bien tout ça à la
fois. La faux qui s’abat pour occire et terroriser ne tombe pas du ciel,
ou si cela arrive, c’est par un avion bombardier, ou par un lance-missile
à longue portée, et pas par les foudres divines. Elle ne vient pas d’une «
main invisible », mais d’un bras souvent vêtu de kaki, et peu importe quel
écusson y est épinglé.

Dans le cas qui amène ces réflexions, il aurait été en effet fort
plausible que sous l’habit noir du « motard déséquilibré », se cache aussi
le kaki, puisqu’une des premières éventualités énumérées était qu’il
s’agisse d’un ancien para à tendance néo-nazie voulant épancher ses
pulsions racistes sur d’anciens collègues trop basanés à son goût, et sur
des personnes identifiées comme « juives ».
Ce qui, accordons-nous sur ce point, était de l’ordre du possible. Mohamed
Merah, l’homme identifié et finalement exécuté par le RAID, avait par le
passé tenté de s’engager dans l’armée, au sein de la Légion étrangère. Il
aurait donc tout aussi bien pu tuer autrement, et ailleurs. On l’a vu il y
a quelques semaines, lorsqu’un G.I. américain en poste en Afghanistan est
sorti de son camp pour aller tirer dans le tas dans un village voisin,
massacrant indistinctement plusieurs personnes. Et oui, l’armée française
est bien active en Afghanistan -et ailleurs- sous l’égide de l’OTAN ;
occupation que les États appellent « mission de sécurisation, d’assistance
et de transferts des compétences en ce domaine à l’État Afghan », et que
nous appelons simplement guerre et occupation militaire. Cela signifie, à
moins de vouloir changer la signification des mots, bombarder, tuer,
massacrer, pacifier par la force et la contrainte, contrôler, humilier,
perquisitionner et au besoin exécuter. Si le « tueur de Toulouse » avait
été engagé à l’époque dans l’armée, force aurait été de conclure qu’il
aurait été formé à l’école même de l’État. On ne l’aurait alors pas
désigné comme « tueur sanguinaire », mais comme « simple soldat ». Dans le
cas de Toulouse et de Montauban, l’acte d’appuyer sur la gâchette n’a pas
été donné par le commandement militaire, et les cibles n’ont pas été
désignées par lui. Pas cette fois-ci, précisément. Mais dans bien d’autres
situations, dans bien plus de situations, ça l’est.

Aussi quand l’État décide de rayer de la carte des villages et des villes
entières, donc des milliers de vies humaines, par le napalm, la bombe
thermonucléaire, les fameuses frappes chirurgicales ou toute autre
joyeuseté en sa possession, c’est la raison qui parle, la civilisation, la
démocratie, et même, allons-y dans le cynisme, le Progrès et la « liberté
». Il y a donc l’horreur et les massacres justifiés, les guerres justes et
les guerres saintes, et puis il y a le « tueur à scooter de Toulouse ».
Celui-ci est, selon une foule d’experts qui accoure la bave aux lèvres dés
que le sang coule sur le trottoir, un « fou isolé », un « déséquilibré aux
motivations idéologiques », un « terroriste individualiste » (sic). Soyons
clairs et nets : un type comme celui-là, on ne va pas pleurer sa mort.
Mais ceci dit soyons clairs et nets jusqu’au bout : qu’est-ce qui, ces
derniers jours, a fait la teneur de ce que politiciens, médias et
représentants communautaires ont qualifié de « drame national » ? Voilà
qu’une réponse fuse, évidente : « on ne s’en prend pas aux enfants » et «
s’attaquer à des personnes en fonction de leur religion, couleur de peau,
ou origines supposées, c’est de la barbarie ».

De la barbarie, bien. Je ne connais pas, personnellement, de barbares,
j’en suis désolé. Je ne connais que des individus devant survivre au sein
de la civilisation, entre les mailles de la grande broyeuse économique
(qui mange aussi des enfants), que la politique vient souvent racoler sous
des fanions verts, bleus, roses, rouges, tous tricolores au final.
Certains s’y accommodent assez bien, d’autres n’en peuvent plus ; les uns
crient « vive la patrie ! », d’autres en ont marre et se tirent une balle
dans la tête ou se pendent, en laissant un mot disant à peu près « Travail
m’a tuer ». Les uns se débrouillent comme ils peuvent pour grappiller
quelques miettes, quitte à faire une crasse à un autre forcé lui aussi de
se débrouiller. Les uns vantent sourire aux lèvres les vertus de cette
société, du labeur et de la famille, les autres (parfois ce sont les mêmes
en fait) se shootent au Prozac, juste pour... continuer. Il y en aussi qui
en ont plus qu’assez de cette foutue vie de merde, mais qui avant de
casser leur pipe se rebellent, mordent la main du maître, pourrissent la
vie du donneur d’ordres. Certains parmi eux s’en tirent pas trop mal,
d’autres (combien de millions sur cette planète murée ?) finissent
derrière des barreaux. D’autres sont assassinés par les flics. D’autres
tirent dans le tas, souvent en revendiquant une cause, parfois par ce
qu’on appelle par défaut nihilisme.

Je vois très bien tout ça, mais je n’ai jamais vu de barbare. Barbare,
barbare... ah oui, le barbare, celui qu’on définit par opposition à la
civilisation. Il y a la civilisation, et il y a la barbarie. Les barbares
et les civilisés. Les citoyens et les sauvages. Les uns sont courtois et
polis, mangent à table et sont propres, sont sages à l’école, utiles à la
société, et celle-ci leur rend hommage par une petite dalle de marbre à
l’heure dernière. Les autres... Quelle horreur ! Mais là, il s’agissait
d’un nouveau type de barbare, un barbare roulant en T-MAX Yamaha et équipé
d’armes automatiques. Un barbare à la pointe de la technologie, et animé
par une idéologie. Mettons un peu d’ordre dans tout ce merdier. Armes de
guerre, puissant engin à moteur, racisme, idéologie, agissement froid et
maîtrisé, art de la gâchette et même camera embarquée. Notre barbare
n’était pas habillé de peaux de bêtes, il ne tenait pas de gourdin
grossièrement taillé, il avait sûrement en tête tout un argumentaire bien
raisonné pour expliquer pourquoi il faut méthodiquement et froidement
éliminer tout ce qui est « juif » (les militaires, c’est encore autre
chose) de la surface du globe. Isolé disait-on ? « Fou » ? « Terroriste »
?

Isolé. Certainement pas. Pour notre grand malheur, des personnes qui, sans
peut-être appuyer sur la gâchette à tout va, sont animés par l’idéologie
raciste et/ou religieuse, il y en a eu un paquet dans le passé, il y en a
encore plein aujourd’hui, et ce à tous les échelons et postes de la
société, « serviteurs de Dieu » aussi bien que militaires, simple quidam
anonyme ou personnage d’État. Le « tueur à scooter » agissait peut-être
seul, mais ce qui le mettait en branle, son idéologie rance, occupe aussi
l’esprit d’un grand nombre de gens. En d’autres termes, on parle d’arbre
qui cache la forêt ou de pointe visible de l’iceberg.

Fou. Comment dire... Ce terme, en fin de compte, est aussi bancal que
celui désignant les fameux « barbares ». Qui est fou, qui est « sain
d’esprit » et incarnation de la Raison Pure, vaste question, qui agite
peut-être frénétiquement les pensées et calculs des spécialistes,
sociologues, médecins, généticiens, psychologues, psychanalystes,
psychiatres et autres psychothérapeutes, mais qui à vrai dire nous laisse
un peu indifférents. La folie est tantôt décrite comme l’incapacité à se
conformer aux normes sociales, tantôt comme résultant au contraire d’une
overdose de normalité, on parle des fous d’amour, des fous à lier.
L’argent, le pouvoir, l’environnement déprimant, le travail, la jalousie,
la voiture comme le métro, la possession et la dépossession,
l’enfermement, les médicaments mêmes, rendent les gens « fous ». La
société rend « fou ». Parler de folie dans ce cas précis, c’est empêcher
de mettre le doigt sur l’idéologie et la logique morbide qui est derrière
l’acte.

Terroriste. Pour l’instant, on sait que le tueur a tué, et qu’il a crée
une certaine terreur. Peut-être son but était simplement de tuer,
peut-être voulait-il à la fois tuer et répandre la terreur. Mais on ne le
sait pas. Nous pensons en avoir assez dit au début de ce texte concernant
cette question du terrorisme : qu’on invoque le Führer, je ne sais quel
Dieu ou prophète, ou la République démocratique, un massacre (plus ou
moins discriminé, ça ne change pas grand’ chose à l’affaire) reste un
massacre, et le pouvoir reste le pouvoir, la domination veut dominer, et
pour cela, tuer en masse et terroriser vont de pair ; terroriser et
contrôler (de façon plus ou moins violente), terroriser pour exploiter.
L’État est nécessairement terroriste, c’est lui qui a crée le concept de
Terreur et la réalité qui va avec.

Et c’est l’État qui prétend, pas seulement depuis ce lundi ou quatre
personnes ont été abattues devant et dans une école à Toulouse, mais
depuis des décennies, mener la lutte « anti-terroriste ». « La République
est bien plus forte que le terrorisme », clame le chef de l’État. On lui
répondrait facilement (si on avait cette idée bizarre de vouloir dialoguer
avec le pouvoir) : « La République est forte comme le terrorisme, par le
terrorisme ». Certes, il serait simpliste de ne voir dans la domination
que la résultante de la terreur, imposée avec force. Il y a bien aussi,
une forme de consensus, d’intérêt parfois partagé entre l’État et des pans
de la société, d’acceptation plus ou moins teintée de dégoût. De la
servitude volontaire et de la résignation, de la servilité par lâcheté ou
par conviction, par peur ou par résignation. Une résignation monnayée, peu
ou prou. Une soumission obtenue par la menace de crever de faim, de se
retrouver à la rue. Par la carotte et par le bâton, par le salaire et par
la prison.
Toujours est-il que le gouvernement en a profité pour décréter le passage
au niveau « écarlate » du plan Vigipirate, soit le niveau maximum, dans la
région Midi-Pyrénées et les départements limitrophes. Pas un seul des
salauds politiques, adorateurs du pouvoir, ne l’a critiqué sur ce point,
et ça n’étonnera que les niais. Voici, dans le verbiage chatoyant propre
au langage de l’État, ce que vise le plan Vigipirate élevé à ce niveau : «
prévenir le risque d’attentats majeurs (simultanés ou non), mettre en
place les moyens de secours et de riposte appropriés, des mesures
particulièrement contraignantes pouvant être mises en œuvre, protéger les
institutions et assurer la continuité de l’action gouvernementale". En
deux mots comme en mille : occupation policière et militaire à chaque coin
de rue, surveillance omniprésente, possibilité de contrôles à tout
instant, en tout lieu et sans « justification formelle », peur diffuse. Il
s’agit du dernier stade avant l’état d’urgence. La même chose qu’en temps
normal, est-on tenté de dire. Oui, seulement avec l’effet d’annonce en
plus, et avec un peu plus d’intensité et surtout plus de moyens. Le plan
Vigipirate est activé depuis le début des années 90, au niveau « rouge »
depuis les attentats de Londres en 2005. Mais la démocratie se réserve
tout le temps la possibilité de resserrer et de desserrer l’étau de son
contrôle social sur les populations en fonction de la situation : émeutes
généralisées, situation pré-insurrectionnelle, état de guerre, catastrophe
nucléaire...Les situations dites d’urgence, décrétables et multipliables à
l’envie, permettent de mieux ancrer dans l’esprit et la peau de tout un
chacun l’habitude d’être parqué, surveillé, déplacé, fiché, fliqué. De
réaffirmer le monopole de la violence entre les seules mains de l’État, et
de façon visible, démonstrative même. Il est donc vain de s’indigner face
à de supposées « lois d’exception » qui seraient l’envers de la normalité
démocratique. Les deux sont inséparables.

Que dire aussi de ce monde polarisé en identités imaginaires ? Lorsque le
tueur assassine des personnes d’origine musulmane, on convoque les dits «
représentants » de la « communauté » musulmane pour exprimer son chagrin.
Puis lorsqu’il tue des personnes d’origine juive, on convoque les
équivalents juifs. Comme si le chagrin causé par la mort d’un individu ne
concernait que ses co-religionnaires, comme si le chagrin devait forcement
appartenir à un groupe social bien défini. C’est dans cette confusion
identitaire bien typique de l’époque, additionnée à ce que Dagerman
appelait la « dictature du chagrin », que le voile nauséeux de l’autorité
assoie la domination de ses sujets. Pourquoi le président se sent-il
obliger d’aller s’expliquer avec le premier ministre israélien à chaque
fois qu’un crime raciste est perpétré contre une personne désignée par ses
agresseurs comme juive ? Ces personnes appartiennent elles à l’Etat
israéliens ? Ces personnes appartiennent elles à une quelconque communauté
avant de s’appartenir à elles-mêmes ? Quand cela arrange le pouvoir, les
victimes sont d’abord françaises, des « enfants de la République », et
quand il faut brosser dans le sens du poil les lobbys religieux, on use du
discours contraire. Quoiqu’il en soit on reste dans le culte de la
charogne et les logiques politiques et électoralistes de récupération ou
non, selon les opportunités.

Dans une unanimité touchante, nos
écolo-socialo-souveraino-centro-frontdegaucho-facho-réacto mêlent donc
leurs voix pour entonner : « Vive la République ! Vive l’Union Nationale !
». Les quelques voix critiquant partiellement ce chantage se sont
empressées de préciser qu’elles encourageaient par ailleurs le travail des
enquêteurs et des forces de l’ordre, à savoir la Section Anti-Terroriste,
et qu’en cas de changement de majorité au parlement, les moyens des
services de renseignements seraient augmentés.
L’Union Nationale, parlons-en. Celle qui s’enthousiasmait dés le XIXe
siècle pour aller porter les lumières républicaines dans les contrées
lointaines à coup de canons, de sabre et de goupillon, celle qui permit la
boucherie de 14-18, celle qui porta Pétain sur un trône, celle qui releva
le capitalisme en 45 en larguant quelques bombes à Sétif et en laissant
bien tranquilles les collabos, qui massacra, tortura et jeta allègrement
dans la Seine pendant la guerre d’Algérie. Celle qui permet au pouvoir de
mieux isoler, mater et éliminer les rétifs, les rebelles, les sans-patrie,
les révolutionnaires, ceux qui crachent sur tous les drapeaux et tous les
régimes. Qui refusent d’aller se faire trouer la peau et de trouer la peau
des autres pour des intérêts qui ne sont pas les leurs, qui ne le seront
jamais.

Nous sommes de ces derniers, et nous comptons bien ne pas rester
impuissants dans la posture du refus. Nous refusons et nous combattons à
la fois le chantage de l’unité nationale, le ralliement sous la bannière
républicaine, qui est toujours l’horreur étatique et capitaliste. Nous
refusons tout autant de crier avec les loups avides de racket
communautaire et religieux, cette autre forme de muselage universel qui,
loin de s’opposer à la domestication politique et au règne de l’argent, en
est leur compagnon de route historique, très efficace pour diffuser
hiérarchie, fatalisme, obéissance et division entre pauvres.

Si nous autres opprimés, indésirables et révoltés dans ce monde, devons
critiquer et combattre jour après jour tout ce qui fait de nous des
esclaves, ça ne sera jamais en tirant dans le tas, ni pour répandre la
terreur et l’horreur, mais précisément pour en finir avec tout ce qui en
est la cause : l’État, le racisme et le nationalisme, l’argent, Dieu.

Pour la liberté.
La liberté pour tous et toutes.

Ni citoyens, ni flics
Ni fascisme, ni démocratie
Ni religion, ni terreur
Ni fric, ni État
Ni patrie, ni nation, ni frontières
Ni maîtres, ni esclaves.

20 mars 2012.
http://www.non-fides.fr/?Terreur-et-union-nationales

Des nouvelles des prisonnières politiques basques enfermées à Dijon

22 février 2012 § Poster un commentaire

Mi janvier, l’ABC Dijon vous a alerté quant à la situation de prisonnières politiques Basques incarcérées à la Maison d’arrêt de Dijon. Itziar Moreno et Oihana Garmendia entreprenaient alors grève de la faim pour revendiquer :
- l’obtention de doubles parloirs (leurs familles entreprennent un voyage de plus de 2000 KM aller-retour pour seulement 45 minutes de visite),
- le respect de leurs droits en détention,
- un rapprochement géographique du Pays Basque. A cette époque, le juge a répondu favorablement à leurs demandes. Le positionnement de ce dernier a permis de rendre Itziar, Oihana et leurs proches un peu plus confiants quant à la prise en compte de leur parole et à l’application de leurs droits en détention. Malgré cela, nous avons annoncé rester vigilants quant à leur situation. Notre naturel pessimiste et douteux face aux promesses d’un représentant de l’Etat s’est avéré justifié…

Voici le récit de la dernière agression subie par les prisonnières politiques basques incarcérées à Dijon :

Itziar Moreno a demandé la permisson d’aller au gymnase avec une autre prisonnière. Celle ci lui a été accordée. Le 6 février 2012, alors qu’Itziar quitte la cour en direction du gymnase, deux fonctionnaires de police l’arrêtent, lui refusant l’accès au gymnase. Itziar tente de faire valoir sa permission et sollicite la présence de la surveillante chef. A son arrivée, celle ci dément avoir accordé une permission. On laisse alors à Itziar le choix entre un retour en cellule ou un séjour au mitard. En signe de protestation, Itziar s’assied au sol. C’est alors que les surveillant/es l’attrapent par la jambe et la traînent par terre. Mais cela ne suffit pas. Itziar, toujours au sol se voit asséner des coups de pieds de la part des fonctionnaires. En plus d’hématomes sur la jambe gauche, Itziar souffre de douleurs aux côtes (l’obligeant à passer une radio).

La sanction est vite tombée : Itziar est punie de 30 jours d’isolement en cellule disciplinaire pour « agression de fonctionnaires » ! Au mitard, malgré le froid glacial de ces derniers jours, l’administration pénitentiaire refuse de donner à Itziar plus d’une couverture (aucune « règle » ne limite le nombre de couverture à donner aux détenus en cellule disciplinaire !). Au delà de ces conditions de détention inhumaines, Itziar est l’objet de harcellement de la part des surveillant/es : éblouissement à la lampe torche la nuit alors qu’elle tente de trouver le repos…

Pendant ce temps, Ohiana est isolée, enfermée dans sa cellule avec comme seul droit une heure de promenade le matin.

Tout ceci a déjà été dénoncé à plusieurs reprises.

Ce n’est pas la première fois que les droits des prisonnières politiques basques incarcérées à Dijon sont bafoués. Mais pour la première fois, il y a eu recours à l’agression physique. Le directeur de la maison d’arrêt semble accepter et légitimer toute forme de pression (violence morale et/ou physique) à l’égard d’Itziar Moreno et d’Ohiana Garmendia.

Les proches et amis d’Itziar et d’Ohiana sont inquiets et écoeurés d’être témoins de traitement inhumain dont elles sont victimes. Nous dénonçons la violence du personnel pénitentiaire et la permissivité de M. Champion, directeur de la maison d’arrêt face à une telle maltraitance. Cela nous amène à penser que les attaques à leur égard sont sans fin et d’une virulence de plus en plus grande.

Ça suffit ! Laissez Itziar et Ohiana tranquilles ! Laissez les prisonnier/es politiques tranquilles ! Plus d’agression envers nos proches ! Prisonnier/es basques au Pays Basque !

Un nouveau lieu occupé par les migrant-e-s à Dijon !

27 janvier 2012 § Poster un commentaire

Soutien bienvenu à l’intersection du boulevard de la Marne et de l’avenue Arstide Brillant.

Depuis plusieurs mois déjà à Dijon, la situation critique des demandeurs et demandeuses d’asile est de plus en plus médiatisée. La régionalisation des demandes d’asile, contraignant les migrant-es à faire leur demande à la préfecture de région et donc à Dijon, a entraîné une hausse du nombre de migrant-es présents dans la ville. La fRance, signataire de la convention de Genève, s’est engagée à accueillir les demandeurs et demandeuses d’asile dans les meilleures conditions, notamment en leur proposant un hébergement décent et des possibilités de s’alimenter convenablement. La préfecture de Côte d’Or, comme bien d’autres en fRance, ne respecte pas ses obligations. C’est ainsi que depuis l’été dernier, plusieurs centaines de personnes en attente de papiers vivent à la rue à Dijon. La préfecture a accordé deux rendez-vous aux associations qui soutiennent juridiquement et matériellement les personnes migrantes. Ces associations demandaient à la préfecture d’opérer des réquisitions pour les accueillir, mais aucune mesure n’est prise pour les loger, la préfecture prétextant l’inexistence de lieux pouvant accueillir tant de personnes. Aucune réquisition ni mesure d’urgence ne sont envisagées. Dans ce contexte, deux lieux avaient déjà été ouverts et occupés par des demandeurs et demandeuses d’asile, venant essentiellement de pays d’Afrique de l’Est où la situation politique est plus que fragile (Somalie, Ethiopie, Erythrée notamment).

Ce désengagement de l’État et le nombre important de personnes concernées associés au fait que ces personnes arrivent de pays en guerre (et donc risquent réellement leur vie dans leur pays d’origine, plus que si illes étaient de « simples » réfugié-es économiques, aux dires des membres de certaines associations) ont fait fondre la frilosité à laquelle les associations « citoyennistes » nous avaient habitué-es face à la « réquisition » non-officielle de logements vides pour les migrant-es. C’est ainsi que ce jeudi 26 novembre a eu lieu l’ouverture publique d’un nouveau squat de demandeurs et demandeuses d’asile à Dijon, avec le soutien des membres de ces associations (voir le texte de l’appel à la manif ayant amené au squat).
Pour les militant-es squatteur-euses habitué-es à ce type d’évènement, cette expérience était à la fois nouvelle et enrichissante : une nouveauté dijonnaise que d’ouvrir ensemble, entre personnes de tous âges et tous horizons sociaux, un bâtiment permettant d’héberger des migrant-es au sein d’un endroit adapté, propre, avec chauffage, eau et électricité.
Ce bâtiment n’est par ailleurs pas anodin, symboliquement, puisqu’il s’agit de l’ancien internat de l’Ecole Nationale des Greffes, et qu’il appartient au Ministère de la Justice. Il est occupé depuis le mardi 24 novembre par une vingtaine de personnes..

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Ce jeudi 26, une manif organisée en soutien aux demandeurs et demandeuses d’asile s’est terminée sur les lieux occupés. Environ 150 personnes étaient présentes, migrant-es et soutiens confondus. À notre arrivée, l’occupation qui se déroulait clandestinement depuis 2 jours a été rendue publique, une banderole a été déployée sur la façade du bâtiment, clamant « Un toit pour tous et toutes. Solidarité avec les migrant-es ».
Le directeur de l’Ecole ne le prend pas sur le même ton enjoué, en voyant arriver une foule hétéroclite et ravie, qui, sur fond d’une sono poussive scandant des chants qui évoquent la situation des migrant-es en fRance (et ailleurs), visite et s’enthousiasme des capacités d’accueil du lieu. Les migrant-es téléphonent à leurs ami-es pour les inviter à les rejoindre. C’est l’effervescence à tous les étages, très vite les 50 chambres sont occupées.

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Le directeur nous rencontre pour nous expliquer qu’une décision par rapport à cette occupation n’est pas de son ressort et qu’il va en informer sa hiérarchie, le ministère de la justice lui-même. C’est nous faire trop d’honneur. De notre côté, nous lui expliquons que les personnes occupant le lieu y étant depuis plus de 48 heures, ce lieu est devenu désormais leur domicile, qu’il ne peut donc plus agir autrement qu’avec une procédure au tribunal…
D’ici à ce qu’il reçoive ses ordres de sa hiérarchie, et pour être sûr que nous ne pénétrions pas plus avant dans l’enceinte de l’école, il fait venir une patrouille de flics, qui nous chaperonneront toute la nuit, allant jusqu’à interdire le passage aux stagiaires et autres personnels du ministère de la justice domicilié-es sur place et refusant de montrer leurs papiers pour rentrer chez elleux (ce qui fera repartir certains « fonctionnaire de justice » en criant « À bas l’État policier »…). Les flics continuent d’ailleurs leur manège le matin et refoulent les stagiaires qui amènent leurs enfants à la crèche interne voisine, obligés de passer par une autre entrée. En attendant, la nuit s’avance, une gamelle de pâtes apparaît miraculeusement, accompagnée de thermos de thé, de matelas et de couvertures. Les gens commencent à s’installer pour une nuit dont on espère qu’elle ne sera pas trop courte, et l’on aspire à ce que les pandores ne débarquent pas à six heures du matin pour expulser tout ce beau monde.

C’est la naissance d’un troisième lieu d’accueil pour les migrant-es à Dijon, qui s’ajoute à la Boucherie rue Bertillon et à une maison sur Chenôve, en attendant que les demandes de papiers prennent moins de temps et que chacun-e puisse vivre en fRance comme ille l’entend ; en attendant qu’il n’y ait plus ni frontières, ni papiers.

ACTA : le traîté secret qui pourrait changer la face d’Internet

25 janvier 2012 § Poster un commentaire

Si le traité ACTA venait à être appliqué, l’internet tel qu’on le connait aujourd’hui serait radicalement changé. Le traité renforce de façon démesurée le pouvoir du copyright (ou du droit d’auteur, en l’occurrence la différence est insignifiante), forcera les fournisseurs de services sur internet à faire la police du copyright, rendant du même coup l’hébergement de contenus générés par les utilisateurs impossible à assumer financièrement, il mettra en place des sanctions pour les utilisateurs violant le copyright, comme de leur couper l’accès à l’internet après trois avertissements, et exigera que les supports informatiques soient inspectés aux frontières (disques dur, lecteurs mp3, etc.). Ceux qui contiendraient des fichiers copyrightés téléchargés de façon illégale seraient détruits, et leur possesseurs se verraient infliger une amende.

Parmi les informations qui ont fuité du traité ACTA – toujours en négociation -, on trouve aussi la possibilité pour les ayants droits d’accéder aux informations personnelles d’un internaute, suspecté d’avoir téléchargé un contenu copyrighté, sans avoir besoin de recourir à un juge. En bref, Hadopi, à coté, ce n’est pas grand chose, mais c’est un bon début.

Les négociations autour du traité ACTA se font en dehors de tout cadre, aucune organisation internationale comme l’OMC ne les supervise. Elles ont commencé en 2006 entre les USA, la Commission Européenne, la Suisse et le Japon. Depuis, l’Australie, le Canada, l’Union Européenne, la Jordanie, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle Zélande, la Corée, Singapour et les Emirats Arabes Unis se sont joints aux négociations.

Ce traité est négocié dans le plus grand secret, mais en mai 2008, Wikileaks.org a publié un document en révélant de nombreux éléments. C’est plus récemment que l’opinion publique a été alertée, grâce à l’EFF dans un premier temps, puis à ReadWriteWeb US en fin d’année dernière.

Beaucoup d’analystes en France voient le couple Hadopi/Loppsi comme un premier pas dans la mise en application du traité ACTA. Les récentes loi impactant l’usage de l’internet en Espagne et en Italie font penser que c’est une partie de l’Europe qui est en train de mettre en application ce traité, avant même qu’il soit signé.

Mais comme le montre les dernières évolutions législatives concernant Internet en Italie, ce n’est pas seulement le téléchargement ‘pirate’ qui est visé par ACTA, mais bien l’ensemble du web 2.0 et de la capacité qu’a donné l’internet à tous de s’exprimer (sans même parler du logiciel libre, nous reviendrons sur ce point ultérieurement). L’obligation faite aux services ‘web 2.0′ de faire la police obligerait de facto la plupart des plateformes de blog à fermer, tout comme les autres sites proposant d’héberger gratuitement les contenus des internautes.

lire la suite ici

 

voir ensuite éventuellement ici

[@Dijon] Manifestation unitaire de solidarité avec les demandeurs d’asile et tous les sans-papiers

20 janvier 2012 § Poster un commentaire

~~ En soutien aux demandeurs d'asile et à tous les sans-papiers.
~~ Contre les frontières et l'exploitation mondialisée...
~~ Parce que nous ne les laisserons pas à la rue ou se faire expulser.

L'Espace autogéré des Tanneries appelle a participer à la manifestation
interassociative 

        ### jeudi 26 janvier à 18h. rv devant la préfecture ###

Vous trouverez ci-joint le texte d'appel unitaire d'un certain nombre d'associations
dijonnaises pour cette manifestation :

- Appel interassociatif -

## Des centaines de demandeurs d’asile toujours sans hébergement.

Craignant pour leur vie, ils ont fui leur pays et demandent asile et
protection à la France au titre de la Convention de Genève dont notre
pays est signataire. 

Depuis la régionalisation de l’asile, ils sont contraints de venir
retirer leur dossier à Dijon, préfecture de région. Les dispositifs
d’accueil étant saturés, des centaines de personnes (selon des
estimations probables et recoupées), adultes et familles sont encore à
la rue ou vivent dans des conditions d’extrême pauvreté
Jugeant la situation inadmissible, un  collectif d’associations s’est
constitué.

Suite à la manifestation organisée le 8 novembre dernier, une délégation
a été reçue en  préfecture : cette dernière s’est engagée à créer, d’ici
fin 2011, des places d’hébergement. Actuellement, le nombre de places
disponibles   n’a pas été communiqué.   

Au niveau de l’OFPRA (organisme chargé du traitement des demandes),  4
nouveaux pays ont été ajoutés à la liste des pays d’origine sûrs portant
ainsi la liste à 20, dans le but de réduire le nombre de demandeurs
d’asile en France.

D’autre part, le directeur de l’OFPRA préconisait de rejeter sans
entretien plusieurs  centaines de demandeurs d’asile suspectés par les
préfectures d’avoir altéré leurs empreintes  digitales mais  une
ordonnance du juge des référés du Conseil d’Etat du 11 janvier  condamne
l’OFPRA et annule cette note interne.

Afin d’exiger un traitement  respectueux des droits humains

Les organisations signataires appellent à un  rassemblement : 

             Jeudi 26 janvier à 18 heures devant la préfecture
ACAT Dijon- Action Catholique Ouvrière – AdiSar – Afrane – Amnesty International – ATTAC21 – CFDT21 – Club UNESCO Dijon – CCFD Terre Solidaire – CSF – Espace Autogéré des Tanneries – Fraternité de St François d’Assises – FSU21 – La Cimade – La Vie Nouvelle – LICRA – Ligue des Droits de l’Homme – MRAP – Pastorale des Migrants – RESF21 – Secours Catholique – SOS Refoulement- Syndicat de la Magistrature – Urgence Solidaire 

Le retour de LOPPSI

20 janvier 2012 § Poster un commentaire

Habitants de camping, nous sommes menacés !

Urgence !

Une loi votée en toute discrétion en décembre à l’Assemblée Nationale, à la demande de députés de l’UMP, des socialistes et du gouvernement interdira de rester plus de trois mois d’affilé dans un camping. C’est l’article 2 de la loi « Léonard ».

PDF - 324.2 ko
tract Toulouse
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C’est inadmissible, car si elle est adoptée au Sénat, cette loi signifiera :

- un déplacement forcé tous les trois mois,
- des difficultés parfois insurmontables pour trouver un autre camping, ou une nouvelle solution d’urgence,
- l’augmentation des tarifs surtout en saison haute ainsi que des frais de déplacements élevés,
- un changement de commune et des changements d’école avec des délais d’inscription intolérables et des risques d’exclusion sociale.

Comment allons nous subvenir à nos besoins, avoir une activité, créer des liens sociaux si nous sommes obligés de déménager tous les trois mois ?

La loi Léonard propose sans vergogne de défendre le tourisme en expulsant les personnes avec le statut juridique et administratif « Gens du Voyage ». C’est à dire toute personne pour qui la résidence principale est mobile comme le défini la loi de 1969.

Certain-es ont choisi ou ont adopté ce mode de vie, d’autres l’ont toujours vécu, d’autres n’ont pas d’autres solutions. Souvent, faute de solutions, les services sociaux nous ont envoyé là et la CAF nous a accordé des allocations logement.

Cette fois, c’est le bouquet, car vivre en camping sera rendu impossible. Ou irons nous ?

Nous installer comme beaucoup sont obligés de le faire sur des terrains non constructibles ? Sans possibilité de se raccorder aux fluides, et en risquant des poursuites par la mairie ou l’administration… ? Créer des bidonvilles ?

C’est pourquoi HALEM, le DAL et Goutte d’eau vous invite à une première Assemblée pour s’organiser :

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Pour Paris :

Samedi 28 janvier, à 16h Au DAL : 29 Av Ledru Rollin – Paris 12e Métros : (Gare de Lyon, Austerlitz, Quai de la Rapée)


Pour Toulouse :

le samedi 28 janvier 2012 à 14h00 Au Maquis (Réquisition Autogérée), 23 impasse des réfractaires et des maquisards 31300 Toulouse, quartier Saint Simon près du lac de la Ramée. À pied : Métro Basso Cambo (A), bus 47 arrêt Guilhermy puis suivez les flèches

Une conférence de presse où chacun-es pourra exprimer son point de vu est annoncée à 17h00


Nous exigeons :

- le retrait de cet article intolérable, il n’est pas question d’expulser des personnes pour qui la caravane ou d’autres types d’habitats légers ou mobiles constituent le domicile de leurs occupants.
- des droit pour les habitants de terrains non constructibles et les habitants de terrain de camping.
- le droit au relogement social, qu’il soit en HLM ou, pour celles et ceux qui le souhaitent, sur des parcelles permettant des installations légères comme les terrains familiaux publics ou privés.
- La reconnaissance de l’habitat diversifié.

Cette loi s’inscrit dans la même logique que les lois de 1912, de 1940, 1969, 2003 et 2007. Les premières ont amené la catastrophe des camps d’internement, les suivantes à une discrimination et une précarisation galopante. Nous avons su résister ensemble en 2011 contre la loi LOPPSI2 et nous avons gagné.

Ensemble, nous devons encore gagner….

Un toit, un lieu de vie pour moi et ma famille, c’est un droit.

Les vacances parlementaires commencent fin février. Suite à la conférence des présidents du Sénat et de l’assemblée du 17 janvier, pas de traces sur le nouvel ordre du jour de la PPL Repentin ni de la PPL Léonard sur les campings. Il reste une conférence des présidents avant la fin de session, Elle aura lieu le 8 février à 19h et décidera de la dernière quinzaine du mois.


contacts Paris :

Paul Lacoste : 06 18 94 75 16 / legrandpic@gmail.com

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Association de Gens du Voyage, Frédéric Liévy :06 11 87 53 72

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Fédération Droit Au logement, 29 Avenue Ledru Rollin – 75012 Paris / tél : 01 40 27 92 98 • fax 01 42 97 40 18 / sec@droitaulogement.org

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contacts Toulouse :

Clément DAVID : 06 30 94 85 71 / nomadinconduite@free.fr

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Association de Gens du Voyage, Frédéric Liévy :06 11 87 53 72

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DAL Toulouse, Jacques Ferrand : 09 51 03 41 92 / jyferrand@yahoo.fr

Pas de réveillon sans rébellion !

5 janvier 2012 § Poster un commentaire

Dans la soirée du 31 décembre, des feux d’artifice ont été tirés autour de la Maison d’Arrêt de Varces, accompagnés de phrases criées à l’attention des prisonniers :

« Pour les bonnes résolutions : ni prison, ni maton, mais plein d’évasions »

« Liberté ! Solidarité ! »

« Détruisons les prisons »

« Ni prison ni maton n’arrêteront nos rébellions »

Les cris des prisonniers à l’intérieur sont rapidement venus s’ajouter aux bruits de pétards et aux cris à l’extérieur. On espère que cela aura un tant soit peu contribué à gâcher le réveillon des matons en poste ce soir-là et à briser la mortifère monotonie carcérale.

Alors voilà, ça s’est passé le 31 décembre mais on n’était pas là pour souhaiter une bonne année, parce qu’on pense que les voeux de fin d’année ne sont qu’une manière de se souhaiter que rien ne change alors qu’en vrai, nous, on veut tout changer.

On n’est pas venu souhaiter une bonne santé.

Parce que la réalité de la taule produit plutôt l’inverse : ça abime les corps à vitesse « grand V ».

Des plombes pour voir un.e dentiste pour une carie qui finira par tourner en rage de dent (en rage dedans ?…).

La bouffe dégueulasse qui, si elle n’est pas complétée en cantinant (cher…), ne permet pas d’avoir une alimentation équilibrée.

Le cercle vicieux de la fatigue psychique qui diminue les défenses immunitaires alimenté par le manque d’activité physique et les troubles du sommeil.

Les troubles de la vue générés par le fait qu’en cellule, le regard ne porte jamais bien loin ; les murs, les barreaux et les grilles fatiguent les yeux de celles et ceux qui cherchent l’horizon.

La réalité des soins en taule c’est aussi le cachetonnage massif, avec la complicité des soignant.es, de celles et ceux qui sont trop « agité.es » aux yeux de l’administration pénitentiaire.

Combien de rebelles endormi.es par la camisole chimique ne sont plus ainsi en mesure de se reconnaître les un.es les autres ?

La santé mise à mal par l’enfermement provoque parfois des malaises, réels… ou simulés, comme celui qui a permis à un taulard de s’échapper de Corbas (maison d’arrêt ultra moderne et sécurisée de Lyon), lors d’un transfert, le 8 décembre.

Il a pu se planquer durant deux heures sous un véhicule dans les environs, avant d’être balancé par un habitant du quartier. Même dans ces bunkers, il reste des failles…

 

 

On n’est pas non plus venu souhaiter la réussite professionnelle.

Parce que le travail en prison est un moyen d’occuper ses journées, de rapporter un peu de thunes, de dépenser son énergie, mais sous étroite surveillance et dans des conditions dégueulasses[]].

Mais pour qui en fait ?

Pour des entreprises comme Eiffage, Sodexo au chiffre d’affaire extrêmement élevé (jusqu’à plusieurs milliards annuels) qui en plus de se faire du fric en gérant des prisons, imposent aux prisonnier.ères qui veulent bosser ce terrible paradoxe de devoir participer à l’entretien des murs qui les enferment.

Le travail en prison c’est des prisonniers.ères esclaves et une source de profit facile pour des entreprises comme Renault ou Orange qui font de la sous-traitance et peuvent éventuellement prétendre participer à la réinsertion de celles et ceux qu’elles exploitent. Il paraît en effet que c’est un bon moyen de s’intégrer, et pourtant c’est tellement difficile de trouver du travail après avoir été en taule.

Et puis s’intégrer à quoi ?

C’est plutôt un moyen de pacification en prison comme ailleurs parce qu’en travaillant on peut gagner un peu d’argent, être moins dans la misère.

L’administration pénitentiaire a tout intérêt à ce que les détenu.es passent leur énergie au travail, c’est encore un des meilleurs moyens pour mater l’esprit de révolte.

A l’intérieur, on peut malgré tout apprécier le fait de quitter la cellule, de voir d’autres prisonnier.ères, de savoir utiliser des machines et outils… ce qui peut avoir de multiples usages !

 

 

On n’est bien sûr pas venu pour souhaiter « du succès dans les amours ».

Parce que la taule isole de celles et ceux qu’on aime. Elle observe de ses sales yeux inquisiteurs les moments de retouvailles, en lisant les lettres échangées, en surveillant les parloirs, en transférant selon son gré les personnes loin de leurs proches. La taule cherche à abîmer les liens qui nous sont précieux, à créer / entretenir une misère affective qui isole et détruit encore plus.

En même temps, elle impose le contact avec d’autres qu’on n’a pas choisi, et en premier lieu avec les uniformes : contacts physiques imposés lors des fouilles à répétition, contacts quotidiens pour manger, aller en promenade, avoir son courrier. Quand le maton fait partie du paysage et que les personnes qu’on aime sont (généralement) de l’autre côté des barreaux, est ce qu’on peut encore parler de « vie sentimentale » ?

Est ce qu’on est libre de s’aimer dehors ?

D’aimer qui on veut, hommes et / ou femmes, comme on le veut, en dehors de la famille, de la religion et des conventions ?

Ces normes, si pesantes au dehors, sont encore plus lourdes à l’intérieur dans cet univers complètement hostile. A la misère affective et à l’isolement, nous voulons opposer la solidarité, et des coeurs qui battent sans foi ni loi !

On ne veut souhaiter ni bonheur, ni prospérité, ni réussite…

Images d’une vie parfaite dans un monde en toc, qui se garde bien de montrer l’envers de son décor !

C’est bien la réussite sociale individuelle, cette carotte qui nous fait accepter de perdre notre vie à la gagner, en espérant pouvoir s’acheter une maison, une voiture et fonder une famille, après avoir trimé des années.

Ce pauvre rêve de mettre un collier doré autour de son cou ne nous fait pas envie, et nous savons en plus qu’il reste innaccessible à beaucoup. Souvent, les heures passées au boulot ou à la débrouille ne servent qu’à payer difficilement les factures et maintenir la galère, et il faudrait en plus faire semblant d’aimer ça…

La carotte fonctionne bien parce qu’elle s’accompagne du bâton. Le bâton des contrôles réguliers sous ses différentes formes (la CAF, le pôle emploi, les travailleurs sociaux, les flics). Le contrôle plus diffus de la bonne morale, du voisinage, des caméras…

La peur de s’écarter du « droit chemin », d’être désigné du doigt, de finir en prison, la résignation à une pauvre vie.

Le capitalisme ne laissera jamais à tout le monde la possibilité d’avoir une place au soleil ; la démocratie laisse croire que si on en discute, on trouvera des arrangements.

C’est parce qu’il y a des prisons que ce monde en toc se maintient.

Nous ne voulons pas l’améliorer, mais le renverser !

 

Pour 2012, pas de réveillon, mais de belles rébellions !!!