Tahrir Russe

14 décembre 2011 § Poster un commentaire

Ce texte de Mikhail Magid [un anarcho-communiste de Moscou] est adressé aux anarchistes russes mais il nous semble intéressant de le traduire en français car, à notre avis, il reflète bien l’ambiance qui règne aujourd’hui en Russie et les questionnements qui se posent aujourd’hui devant les anarchistes russes.

à consulter sur le site du JuraLib

 

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12 décembre 2011 § Poster un commentaire

Je vous fais suivre le courrier ci-dessous, écrit par Cécile et Sylvain Deveaux, deux parents qui ont choisi l’instruction en famille pour éviter l’école à leurs enfants, et qui se trouvent en butte à l’appareil de contrôle social de l’Etat pour ne pas avoir voulu plier devant les abus de pouvoir d’un inspecteur d’académie.
Ce type de situation est amené à se multiplier, à mesure où l’injonction à respecter des normes sociales implicites se fait plus pressante, et à mesure où l’Etat organise la mise en place de « cellules départementales de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes », qui visent à recueillir toutes les dénonciations d’anormalité concernant les enfants.
Ceux-ci devront de plus en plus être soumis à un régime unique, normalisé (et destructeur).

Bref, je vous communique également ci-dessous le contact de Cécile et Sylvain Deveaux, que vous pourrez ainsi joindre si vous souhaitez les aider, les soutenir, les contacter pour telle ou telle raison.
N’hésitez pas à faire suivre leur courrier : c’est important de rendre ce genre d’affaire public, tant pour développer la solidarité avec les personnes qui refusent de se soumettre que pour savoir à quoi s’en tenir quant à l’ordre social qui se met en place.

Cécile et Sylvain Deveaux : <deveaux.ief@tributux.net>

amicalement,

yves

UNE FAMILLE DEVANT LA JUSTICE POUR AVOIR OSÉ DEMANDER À UN INSPECTEUR D’ACADÉMIE DE RESPECTER LA LOI : 


UNE JUGE DES ENFANTS ORDONNE UNE MESURE D’INVESTIGATION

POUR SUSPICION DE MAUVAIS TRAITEMENTS ! 


Bonjour,


Nous sommes une famille de 2 adultes et 2 enfants : Cécile et Sylvain Deveaux, Léo et Lilwen.


Nous avons décidé en 2010, après mûre réflexion, d’instruire nos enfants en famille.

Un mode de vie qui nous satisfait pleinement, enrichit nos relations…


Hélas, notre existence paisible a été gâchée par l’inspecteur d’académie, qui ne supporte pas nos choix, et a donc décidé de nous rendre la vie impossible.


Il faut savoir que nous sommes soumis à un contrôle annuel de l’instruction par un inspecteur de l’éducation nationale, et que les inspecteurs ont des habitudes irrespectueuses envers les familles qui font l’instruction en famille.


La plupart des familles ont peur et préfèrent se soumettre sans rien dire à ces pratiques abusives (imposer un rendez-vous, outrepasser la loi, s’appuyer sur une circulaire interne à laquelle les familles n’ont pas à être soumises, faire subir des tests aux enfants, imposer une enquête sociale, etc…).

La liberté d’enseignement est un droit constitutionnel, et le modèle scolaire n’est pas obligatoire.

Pour notre part, nous avons fait le choix du mode d’instruction dit « informel ». Ce mode

d’instruction est basé sur l’élan naturel de l’enfant, qui aime découvrir le monde, apprendre de son environnement. Nous ne suivons pas un modèle scolaire, de programme, de niveau, de cours magistraux, des horaires etc. Nous ne faisons pas « classe » ni « l’école », nous ne sommes pas professeurs et nos enfants ne sont pas élèves. Ce choix est un droit. L’instruction informelle est reconnue et a montré sa réussite dans de nombreux pays.

Nous refusons pour nos enfants un système scolaire, qui entrave le goût et la curiosité naturels de l’individu, lui impose d’apprendre sans intérêt de départ, dans le stress, la tension, la peur, en étant obligé, bridé, évalué, noté, comparé, jugé, etc.

Notons que les preuves de l’échec de ce système scolaire ont été données par de nombreux rapports et études, et que la violence scolaire n’est plus à prouver non plus.

L’idée selon laquelle l’école favoriserait l’autonomie, la réussite, la socialisation, l’épanouissement, l’apprentissage des règles de vie, l’ouverture sur le monde etc, est objectivement complètement dépassée aujourd’hui, même si elle a la vie dure.

D’autres façons de faire et de vivre garantissent ces qualités et opportunités.


Nous avons donc choisi d’offrir à nos enfants une autre façon de s’instruire, respectueuse, riche, ouverte, épanouissante. C’est un droit, et nous avons choisi de profiter de ce droit.

Étant donné que nous sommes des parents responsables et des citoyens honnêtes, respectueux de la loi, nous travaillons tout au long de l’année pour préparer le contrôle annuel de l’inspecteur de l’éducation nationale (dossier, rapport d’instruction, ressources, disponibilité, fiches d’exercices remplies par notre fils, journal de bord…), afin qu’il puisse constater que nous instruisons effectivement nos enfants. Logiquement et conformément à nos choix éducatifs, nous refusons que nos enfants subissent des tests, scolaires ou autres. Cela n’est pas dans la loi, ne se justifie pas, et serait complètement opposé à nos convictions. De plus, la loi indique que c’est l’instruction donnée qui doit être contrôlée (pas l’enfant ni son « niveau » scolaire etc). Nous devons instruire nos enfants (quelle que soit la forme d’instruction choisie), pour le mener, à 16 ans, au niveau d’un élève de 16 ans sortant du système scolaire.

La loi indique clairement que les inspecteurs doivent effectuer leur contrôle en respectant les choix éducatifs, pédagogiques, philosophiques de la famille, et sans comparaison aux niveaux scolaires.


Pour ce faire, nous demandons aux inspecteurs de s’informer sur l’instruction informelle, de nous dispenser de commentaires, conseils et jugements, d’établir un rapport de contrôle conforme à la réalité et non tendancieux ni constitué d’a priori, et de ne pas tester nos enfants.

De plus, instruire nos enfants en famille ne faisant pas de nous des personnes suspectes, nous n’avons pas à voir arriver chez nous des personnes sans lien avec l’instruction (psychologues, médecins, assistants de service social, etc…). La loi ne l’indique nullement !

Par ailleurs, c’est une question évidente de bienséance, nous devons être consultés pour la décision de la date et l’heure à laquelle nous recevrons l’inspecteur.

Bref, nous leur demandons de nous respecter, de respecter la loi, et de s’en tenir à leur mission : vérifier que nous instruisons nos enfants.

Il s’agit là de respect de base, de respect des lois et de nos droits, et de respect de nos convictions et choix éducatifs.


Il est tout à fait possible aux inspecteurs de constater que nous instruisons nos enfants, sans les tester, sur la base du dossier que nous mettons à leur disposition et de notre rapport d’instruction (nous sommes bien placés pour savoir où ils en sont dans leurs acquis etc).

Lorsqu’un professeur est inspecté, c’est bien l’enseignement qu’il dispense qui est contrôlé, ses documents de travail, ses relevés, etc. L’inspecteur lui accorde confiance, et n’interroge pas les élèves. Les parents de familles qui pratiquent l’IEF devraient bénéficier de la même confiance.

L’inspecteur d’académie ne supporte visiblement pas qu’on ose se permettre de remettre en question ses habitudes en lui rappelant la loi, ses obligations, et en lui demandant de les respecter !

Mais comme c’est la loi, et qu’il refuse pourtant de s’y soumettre et d’adapter ses pratiques à un mode d’instruction autre que scolaire, il utilise des subterfuges pour nous faire plier.


Il a déclaré qu’étant donné que nous posons nos conditions, conformes à nos choix, pour le contrôle, alors nous refusions le contrôle ! Ce qui est faux bien sûr !

Et il a déclaré que ce refus du contrôle pouvait laisser penser que notre enfant est en danger !! (seul notre fils Léo est concerné actuellement. Lilwen n’a pas encore l’age de l’instruction obligatoire.)

C’est ainsi qu’en avril dernier, il nous a signalés au procureur et a tenté de nous soumettre à une enquête de la part des services sociaux !

Le procureur nous a envoyé les gendarmes, qui nous ont convoqués à la gendarmerie, pour tenter encore une fois de nous menacer et nous intimider !

Mais nous voulons rester accrochés au respect des lois et de nos droits !!!

Alors le procureur a soutenu l’inspecteur d’académie, en saisissant le juge pour enfants !!

Le dossier monté par l’inspecteur est tout simplement aberrant et même mensonger !! Il nous accuse de refus de contrôle, nous soupçonne de n’avoir pas scolarisé notre fils avant de pratiquer l’IEF, et de ne pas l’avoir déclaré, suggère à mots couverts que nous faisons sûrement partie de dérives sectaires, nous accuse de ne pas nous être présentés au contrôle sans prévenir !!!…

Rien de fondé donc, et nous avons la loi pour nous…

Mais c’était sans compter la juge pour enfants, acquise visiblement à la cause de l’école, qui nous a limite fait la leçon de morale au lieu de nous entendre comme nous aurions dû l’être, nous a coupé la parole dès que nos propos ne lui plaisaient pas, et nous a regardé avec grand mépris… Même un juge peut donc faire fi de la loi, de nos droits, et de l’impartialité qui devrait incomber à sa profession ???!!! Une « justice » scandaleuse !

Notre avocate a fourni les preuves des mensonges de l’inspecteur, du fait que nous instruisons nos enfants, du fait que nous sommes de bons parents… et pourtant, la juge a suivi ses idées pro-école au lieu de s’en tenir aux faits et à la loi ! Nous sommes visiblement « punis » pour oser nous opposer à une figure d’autorité !! Quels que soient les agissement de celle-ci ? Même si elle abuse de son pouvoir et outrepasse la loi ?!

La juge a donc décidé de nous soumettre à une procédure d’investigation et d’orientation

éducative, alors qu’absolument RIEN ne justifie que nous soyons traités ainsi !!

Nous voilà donc à devoir injustement subir 5 mois d’enquête, 5 mois d’interrogatoires, de tests, y compris Léo, avec psychologue, assistante sociale, éducateur ! Une mesure qui nous considère comme défaillants, négligents, maltraitants, hors-la-loi, destinée à déterminer si l’éducation et le développement intellectuel et social de notre fils sont compromis… pour avoir choisi l’instruction en famille (choix légal), et osé demander des modalités de contrôle respectueuses de nos choix (obligation légale)… Mais officiellement basée sur les mensonges de l’inspecteur, parce que la juge a choisi de les valider et de faire comme si ça n’en était pas !!

Les travailleurs sociaux se retranchent derrière l’obéissance due à leur hiérarchie…


En octobre, l’inspecteur d’académie accuse réception de notre déclaration d’IEF (instruction en famille) pour l’année 2011- 2012, et se permet de fanfaronner sur le bien-fondé de son signalement puisque la juge a ordonné une IOE ! Et nous indique qu’il sera particulièrement vigilant en ce qui nous concerne pour le contrôle prochain !…

Début novembre 2011, nous profitons du pot d’accueil des nouveaux arrivants de notre ville pour interpeller l’adjoint délégué à l’éducation.

En effet, la mairie est censée venir nous rencontrer pour effectuer une enquête, à savoir : connaître les raisons de notre choix d’instruction, et constater que notre enfant vit dans des conditions favorables à son instruction. Or, certaines mairies n’effectuent pas cette enquête, et les inspections d’académie en profitent pour la récupérer et en faire une « enquête sociale ». Dans notre cas, l’inspecteur avait tenté de nous envoyer ses assistantes sociales, que nous avons refusé de recevoir, n’ayant pas à être soumis à ce genre d’enquête ! L’inspecteur s’est servi de ce refus pour nous accabler en justice et prétendre que nous refusions tout contrôle !

Nous avons donc interpellé cet élu pour lui demander leur position suite à notre déclaration d’IEF à la mairie. Ce monsieur, que nous agacions visiblement, nous a d’abord affirmé qu’ils ne faisaient pas l’enquête dont nous parlions. Il a eu le culot de nous dire que nous inventions cette règle (« c’est vous qui le dîtes ! »), puis que nous interprétions la loi (l’article 131-10 du code de l’éducation dit pourtant texto : « Les enfants soumis à l’obligation scolaire qui reçoivent l’instruction dans leur famille (…) sont dès la première année, et tous les deux ans, l’objet d’une enquête de la mairie compétente (…). »). À force de parlementer, nous avons compris que ce monsieur avait eu des contacts directs avec l’inspecteur d’académie, qui lui aurait répondu qu’il s’occupait de nous, que eux n’avaient rien à faire !

Cet élu (de gauche) a eu également le cran de nous dire que la moitié des lois ne sont pas appliquées (ce qui lui permet apparemment de les nier et de nous laisser dans nos problèmes!), et que lui en tout cas n’appliquerait rien sans décret d’application !!

Quelques jours plus tard… la mairie nous recontacte : deux personnes du CCAS vont venir effectuer leur enquête ! Et l’adjoint nous contacte pour nous informer (pas d’excuses surtout, pour son attitude et ses propos scandaleux) que finalement l’inspection avait changé de version : la mairie a bien à effectuer une enquête ! On ne croit pas le citoyen, on ne croit pas la loi, on se prosterne devant monsieur l’inspecteur d’académie… ! Si c’est lui qu’il dit, alors c’est la voix de la raison, de la sagesse, la voix à suivre, et nulle autre !…

Le personnel du CCAS est donc venu chez nous effectuer l’enquête de la mairie, avec les

directives précises et écrites de l’inspecteur d’académie !… Nous attendons leur rapport…

Mi-novembre, nous avons été de nouveau convoqués à la gendarmerie pour être entendus, car le procureur envisage de nous poursuivre également au pénal, au motif de soustraction à nos

obligations éducatives !

La gendarme qui nous a reçus a été à notre écoute, et a tenu à étudier les textes de lois qui nous concernent. Elle devait nous donner des nouvelles dans la semaine pour nous informer de la décision du procureur suite à cette audition (poursuite ou classement), mais à ce jour nous n’avons aucune nouvelle !

Actuellement, mis à part nos rendez-vous dans le cadre de l’IOE, notre situation semble en

suspens…

Nous supposons que procureur, inspecteur, juge, etc… tout ce beau monde attend de voir… le rapport des agents municipaux, notre attitude face au futur contrôle (nous arrivons dans quelques jours au délai légal à partir duquel l’inspecteur de l’éducation nationale de notre secteur pourra nous contacter afin de l’organiser)… pour mieux nous retomber dessus !

Nous constatons, avec d’autres familles françaises qui ont elles aussi choisi de se battre pour mettre fin aux pratiques abusives des inspecteurs trop longtemps passées sous silence, l’injustice dont nous sommes l’objet.

Nous constatons dans toutes ces affaires, que les inspecteurs, pour se débarrasser de ces familles « rebelles », sont prêts à les traîner dans la boue, les mettre en grande difficulté, les accuser à tort, mentir, les traîner en justice, les faire passer pour des sectes, des extrémistes, etc… faire de leur vie un enfer ! Dans l’espoir qu’elles cèdent, finissent par se soumettre, se taisent… C’est une guerre d’usure, de l’acharnement et du harcèlement, que nous vivons toute l’année, menace après menace, convocation après convocation…

Nous constatons en plus avec effroi, que ces inspecteurs sont suivis par des procureurs, des juges !

Tout pour bâillonner des familles qui font autrement, qui dérangent le système peut-être ? Plutôt que d’ébranler la sacro-sainte-nationale-éducation, qui a pourtant largement et publiquement prouvé ses incompétences et ses échecs !!


Nous voulons continuer la lutte pour nos droits, le respect de nos enfants, la liberté

d’enseignement ! Nous refusons de nous soumettre à des pratiques abusives et non prévues par les lois !

Nous souhaitons que la lumière soit faite sur cette situation et sur les pratiques des inspecteurs de l’éducation nationale, et sur le non-respect des lois et des droits fondamentaux dans ces affaires.


Merci de transmettre ce message le plus possible autour de vous !

Si vous êtes intéressés par cette affaire, que vous voulez en savoir plus, la médiatiser, ou nous aider à le faire, nous soutenir, etc, n’hésitez pas à entrer en contact avec nous !! MERCI !!

Médiatisation entraînant souvent récupération, nous précisons que nous ne dépendons d’aucun parti politique, n’adhérons à aucun courant religieux, n’appartenons à aucun courant spirituel, associatif, sectaire, étrange etc !


Nous sommes de simples citoyens.

Cécile et Sylvain Deveaux

(9 décembre 2011)
deveaux.ief@tributux.net

Le problème, ce n’est pas la luciole, mais bien la nuit

11 décembre 2011 § Poster un commentaire

Texte publié dans Cette Semaine, n° 93, été 2007
(http://cettesemaine.free.fr/cs93.pdf).

_______________________________

Le problème ce n’est pas le luciole mais bien la nuit

Depuis au moins deux ans, des émeutes de novembre 2005 à l’élection
présidentielle de mai 2007 pour schématiser, l’antagonisme quotidien se
fait plus intense et ouvert, prenant à la fois prétexte de « mouvements
sociaux » comme le CPE ou l’actualité particulière de certaines villes (un
tabassage à Rouen, la rébellion face à un contrôle gare du Nord ou plus
récemment l’assassinat de Lamine à Paris), tout en saisissant aussi des
occasions comme l’élection présidentielle.

Dans ce cadre, les attaques anonymes deviennent paradoxalement plus
visibles et le pouvoir a tôt fait de les réduire à un milieu politique
qualifié d’anarchiste, autonome ou d’ultra-gauche, en fonction du degré de
confusion qui règne dans le crâne des keufs qui dictent l’article aux
journaleux de service. Un texte italien disait il y a quelques années que
« les lucioles, on les voit parce qu’elles volent la nuit. Les anarchistes
font de la lumière aux yeux de la répression parce que la société est
grise comme la pacification. Le problème, ce n’est pas la luciole, mais
bien la nuit ». La différence actuelle n’est pas que le brouillard de la
pacification se soit levé, mais que les lucioles se sont multipliées.
Ce serait cependant une erreur de penser qu’il faille cesser d’affirmer
publiquement ce que nous avons toujours dit parce que la répression
commence à pointer médiatiquement sa sale gueule, de faire profil bas
comme l’exige l’Etat en agitant son épée de Damoclès, ou de voir dans
cette mise en lumière involontaire une quelconque reconnaissance implicite
de notre force par l’ennemi, comme on a pu parfois l’entendre. Le pouvoir
a ses logiques qu’on peut tenter d’analyser, mais qui restent les siennes,
selon des éléments qu’on ne connaît pas ni ne maîtrise, et qu’on ne peut
de toute façon totalement comprendre, à moins d’être capable de raisonner
comme lui, ce que seuls des esprits contaminés par le virus autoritaire
pourront faire. Les autres sont soit des prétentieux soit des menteurs.

Par ailleurs, plusieurs compagnons et camarades sont tombés dans
différentes villes pour des faits spécifiques. Malgré quelques initiatives
de solidarité bienvenues (tracts/articles, bouffes, cotises/caisses,
compils ou concerts par exemple), il nous a semblé que personne, nous
compris bien sûr, n’a réussi à développer de réponse qui soit à la hauteur
de l’enjeu. La question n’est en effet plus de jouer au chat et à la
souris, selon une habitude liée à l’absence de répression collective
spécifique à laquelle nous avions fini par nous habituer, ni de prendre
prétexte de l’isolement ou du caractère « privé » des situations
particulières, mais de se rendre compte que quelque chose est en train de
changer : l’Etat est en train d’ajouter, comme il l’a toujours fait par le
passé lorsqu’il l’a cru bon, la dimension d’une répression politisée (et
non pas politique, car toute répression est sociale, donc politique, comme
l’est aussi tout prisonnier). Il ne s’agit pas ici de pleurnicher sur nos
insuffisances, mais d’affirmer — parce qu’il est toujours temps (de
nombreux procès doivent par exemple encore se tenir, des instructions
judiciaires sont encore ouvertes dans plusieurs villes) — qu’il devient
urgent de dépasser les vieilles logiques.
S’il y a d’un côté ceux qui pensent échapper aux coups de l’ennemi en
fermant leur porte après avoir pourtant déjà témoigné publiquement de leur
antagonisme, se croyant peut-être plus rusés que l’Etat malgré les moyens
de contrôle dont il dispose, il y a surtout d’un autre côté ceux qui
pensent qu’il « ne faut pas tendre le bâton pour se faire battre »,
croyant peut-être que ce ne sont pas les rapports de force qui nous
protègent le mieux et brisent l’isolement des compagnons arrêtés. Le débat
n’est alors pas comment sortir du collimateur (qui a pu se traduire par
des perquisitions, des convocations devant le juge ou des filatures), mais
comment relier dans la praxis la pression et la répression qui s’exerce
contre nous à celle qui touche l’ensemble des rebelles, tout en continuant
à s’inscrire dans l’antagonisme diffus. Non pas en se présentant comme des
innocents ou des victimes – à quoi d’autre que la répression peut
s’attendre un rebelle ou un révolutionnaire, une médaille ? –, mais en
continuant d’affirmer nos idées et pratiques au sein de la guerre sociale
et des luttes, tout en revendiquant nos compagnons incarcérés parmi tous
les autres exploités révoltés qui tombent au quotidien.

Le débat reste ouvert, au-delà des limites que comporte nécessairement un
tel texte, pour autant qu’il y ait débat et que l’on puisse enfin sortir
des réflexes conditionnés ou de l’idéologie de la gestion interne d’«
affaires courantes » qui n’en sont plus quand par exemple tous les
journaux en parlent.

A suivre…

*Solidarité face à la Justice et au fichage*

11 décembre 2011 § Poster un commentaire

    Le 25 octobre 2011, Jéjé s'est fait interpeller pour deal de shit.
    Il a fait une garde-à-vue durant laquelle il a refusé le prélèvement
    ADN. Il est convoqué ce 14 décembre à 9h, en CRPC (comparution sur
    reconnaissance préalable de culpabilité) au tribunal d'Alès^1 .

    Au cours de la garde-à-vue, en plus d'inculper Jéjé pour
    insoumission au fichage et commerce illégal, les flics ont mené
    plusieurs interrogatoires portant sur ses relations et idées
    politiques (mouvement contre la réforme des retraites, venue du
    président à Alès, rapport avec des organisations politiques, avis
    sur la tenue d'un G20 à Nice, etc...). Questions auxquelles il a
    refusé de répondre. On nous veut exploités et dociles, isolés et
    fragiles face à la loi de l'économie et du capital. Il s'agit pour
    les flics d'identifier et de surveiller les formes de résistance à
    la misère et de critique du système. Ainsi, c'est une condition
    sociale et ses velléités de s'en sortir qui sont criminalisées.

    Père célibataire de deux enfants, précaire quelconque, Jéjé se
    démerde comme il peut pour assurer le quotidien. Dans un monde où
    l'argent et la propriété font tout, la justice condamne des milliers
    de Jéjé qui se sont fait prendre à vouloir s'en sortir un peu moins
    mal. Le banc des prévenus est rempli de dépossédés, d'enragés
    rongeant leur frein, que la justice prétend remettre dans le droit
    chemin par ses sermons hypocrites et ses condamnations vengeresses.
    Une justice de classe donc, qui, quotidiennement, condamne en
    fonction de critères socio-économiques, en renvoyant l'accusé à ses
    « erreurs » personnelles. Le prévenu serait le seul « coupable » de
    la situation, pour dégager toute responsabilité à la société. En
    individualisant ainsi son exercice, la justice cherche aussi à nous
    priver de nos moyens de nous défendre, en ôtant le caractère
    politique de la /légalité/ et du /crime/. Chaque affaire est le
    miroir des inégalités et de la misère sociale.

    La logique de contrôle et de répression se développe de manière
    exponentielle, sous l'impulsion d'une logique sécuritaire et grâce à
    la massification de l'informatique : en 2010, près de 60 fichiers de
    police et gendarmerie étaient recensés, auxquels il faut y ajouter
    plusieurs dizaines, gérés par les diverses administrations et ceux
    des entreprises privées (sites internet, grande distribution,
    officines de sécurité...). Cette frénésie du classement permet à
    l'État, grand gestionnaire des ressources humaines, de manager et de
    contrôler la population, de la masse à l'individu. Elle engendre la
    banalisation du fichage afin de gérer le prolétariat dans ses
    déplacements et ses loisirs : d'optimiser son exploitation. Avec
    l'aide de ses conseillers, sociologues et autres spécialistes des
    sciences humaines, il isole des catégories sociales, qu'il surveille
    et réprime spécifiquement : « clandestins », « gens du voyage »,
    « bandes de jeunes », « islamistes », « anarcho-autonomes », etc...

    L'État déploie un arsenal répressif pour distiller la peur, pour
    prévenir et endiguer les révoltes et insoumissions. Il doit
    préserver les valeurs essentielles qui fondent et entretiennent les
    inégalités sociales : respect de l'autorité, propriété privée,
    travail, morale. Il doit défendre sa classe et ses valeurs,
    aujourd'hui plus crûment que dans un passé récent, face aux flots de
    pauvres, d'ici ou d'ailleurs, produits par la machine capitaliste.
    Ce ne sont pas les dérives d'un système qui glisserait vers un autre
    (fasciste ou totalitaire), c'est l'État et son régime démocratique
    qui adapte sa gestion de la population aux nécessités économiques.

    Les sciences (ADN, biométrie, vidéo-surveillance...) apportent dans
    le domaine répressif une contribution notable^2 . La justice, pour
    condamner, se drape d'une prétendue objectivité. Elle utilise tout
    un tas d'experts (psychiatres, graphologues, experts en
    balistique...) pour établir la « preuve formelle ». C'est une cour
    de spécialistes, tous renfermés dans leurs domaines désincarnés, qui
    imposent leurs sentences aux accusés. L'utilisation des profils ADN
    s'intègre en plein dans cette mascarade. Le refus d'être enregistré
    dans le FNAEG est un acte d'insubordination et de protection face à
    la logique du fichage génétique.

Des solidarités sont à construire et à multiplier pour sortir de
l'isolement et du cloisonnement dans lequel le système cherche à nous
maintenir. Rencontrons-nous pour discuter et affirmer notre solidarité,
face à cette justice de classe.

*Rassemblement le 14 décembre 2011, à partir de 9h, *

*devant le palais de justice d'Alès. *

[1] Pour voir des informations sur les procédures et nos droits, il
existe un traité de self-défense juridique « Face à la Police / Face à
la Justice », consultable sur http://www.guidejuridique.net/

[2] Pour plus d'informations sur l'ADN, on trouvera les trois brochures
« /L'apparence de la certitude, L'ADN comme « preuve » scientifique et
judiciaire », « Du sang, de la chique et du mollard ! » et « /"/Ouvrez
la bouche", dit le policier », /sur le site http://adn.internetdown.org/.

Collectif contre la répression Kalimero sous le soleil :
/kalimerosouslesoleil@no-log.org/

[31/12] Manifestations mondiales bruyantes devant les prisons

9 décembre 2011 § Poster un commentaire

Appel à des manifs bruyantes devant les prisons, taules, et centres de détention à travers le monde pour la nouvelle Année. Manifestation bruyante globale : Nouvel An 2011/2012

A l’extérieur et à l’intérieur des prisons, taules, et centres de rétention, PARTOUT.

Cet évènement est inspiré par l’appel Nord Américain à un jour d’action contre les prisons pour le nouvel An 2011, car celles-ci demeurent incontestablement inchangées :

Dans certains pays, les manifestations bruyantes devant les prisons sont une tradition perpétuée. Un moyen d’exprimer sa solidarité avec les personnes qui sont en prison le soir du nouvel An, de se rappeler ceux qui sont enfermés par l’état.

Une manifestation bruyante brise l’isolation et l’aliénation des cellules que nos ennemis ont créées, mais ne doit pas en rester là. La prison a une longue histoire au sein du Capital, étant l’une des formes les plus archaïques de prolongation de la torture et du châtiment. Elle sert à tuer lentement, et à torturer les indésirables -ceux qui résistent au pouvoir en place- ceux qui ne ressentent pas le besoin de rentrer dans le moule préétabli de la société.

La prison n’est pas seulement utilisée comme une institution, mais comme un appareil tout entier, bâti à l’extérieur, de l’autre coté des murs des prisons. Un système que nos ennemis eux-mêmes, ceux qui réduisent nos vies quotidiennes à des prisons, rendent évident de plusieurs manières : à travers des banques qui financent le développement des prisons (comme Wells Fargo, Bank of America, BNP Paribas, Bank of the West, et Barclays), des entreprises qui signent des contrats dans le cadre du développement des prisons (comme Bergelectric Corporation, SASCO Electric, Engineered Control Systems, MacDonald Miller Facility SLTNS et Kane MFG Corp.), ceux qui investissent dans le développement des prisons (comme Barclays Intl. and Merrlin Lynch), jusqu’à la police et les gardes cachés derrière leurs plaques et le pouvoir que leur donne l’état.

La solidarité ne doit pas seulement être l’expression de notre poésie révolutionnaire personnelle, qui se réduit à une analyse anarchiste bien développée, mais aussi une expression d’actions mises en pratique au sein de la guerre sociale quotidienne. C’est pourquoi nous proposons à tous ceux qui ont une compréhension réciproque du monde carcéral et de ce qu’il crée, de se souvenir de ce jour, et de le noter sur leurs agendas. De repérer des points d’attaque. De ne pas se limiter à une manif bruyante, et de multiplier les actions autonomes les unes des autres. De briser les positions mondaines dans lesquelles nous nous enfermons par notre propre refoulement.

A tous les camarades que nous connaissons, et à tous ceux que nous devons encore rencontrer. Ne pas s’être rencontré ne signifie pas que nous n’agissons pas en affinité avec l’autre. Notre lutte continue non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur. La prison n’est pas une fin, mais une continuation. A travers des moments de révolte individuels et collectifs, par les moyens possibles à chacun. Comme le feu, notre rage doit s’étendre. Contre les prisons, et le monde qui les maintient. Pour la guerre sociale. En l’honneur de tous ceux actuellement emprisonnés.

Source : anarchistnews.org

Traduction :

http://fr.contrainfo.espiv.net/2011/12/08/appel-global-a-des-manifs-bruyantes-devant-les-prisons/

[ZAD] Descente de flics

8 décembre 2011 § Poster un commentaire

 » Jeudi 1er décembre 2012. A 6h30, une sacrée flopée de flics débarque au domicile de 6 militant-e-s anti-aéroport aux alentours de Nantes et les emmène dans divers commissariats. Ce même matin, les flics arrivent en masse sur la ZAD à la Saulce et interroge les habitants pour savoir si celleux-ci pourraient identifier et indiquer le domicile de 5 occupant-e-s de la zone. Peine perdu pour les bleus, bien sur…

Ces descentes font suite à l’action contre le siège de Vinci Construction Grand Ouest (http://zad.nadir.org/spip.php?article106), le 20 octobre dernier. Une des 6 personnes sera rapidement relachée, arrêtée par erreur. Les 5 autres militant-e-s interpellé-e-s seront interrogé-e-s longuement sur cette action, les flics leur foutant la pression en déballant à chacun-e sa petite fiche à la DCRI, les relations qu’il ou elle a avec d’autres militant-e-s et même plus. Illes finiront par sortir dans l’après midi vers 16h. Quatre de ces militant-es auront à répondre de « dégradations en réunion » ou « complicité de… » et « refus de prélèvement ADN » devant la justice lors de leur procès qui se tiendra le 13 février 2012.

La flicaille continue son travail répressif contre les opposant-e-s à l’aéroport, déjà bien engagé depuis quelques mois. Ce sont en effet plus d’une dizaine de procès pour des motifs divers comme outrage, rébellion, refus de prélèvement ADN et autres dégradations qui se tiendront courant 2012, sans compter les procès déjà passés…

Bien sur, nous ne nous étonnons pas de cette répression. Elle a toujours existé dans le contexte des luttes parce qu’elle nécessaire à la perpétuation du système. Il ne s’agit pas de s’apitoyer d’elle mais de l’analyser, d’en extraire les enseignements pour s’y adapter continuellement et se renforcer. Car il serait naif de ne pas la considérer pour ce qu’elle sera : toujours plus forte à notre encontre dans cette lutte, comme dans d’autres.

Il va sans dire que nous sommes solidaires des camarades arrêté-e-s jeudi 1er décembre, comme pour tous celles et ceux venir !
Liens:: http://zad.nadir.org/spip.php?article143&Prime;

http://nantes.indymedia.org/article/24809

[EAT] Le Programme de Décembre

8 décembre 2011 § Poster un commentaire

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Depuis l’édito du mois dernier et malgré les parcours douloureux, on est content d’avoir pu acceuillir dans le quartier de nouveaux voisin-e-s venu-e-s de loin. Une cinquantaine de Somaliens, Érythréens, Soudanais, Éthiopiens ou Congolais en demande d’asile vivent de manière solidaire et encore très précaire dans les bureaux d’une ancienne boucherie industrielle que la Mairie avait laissé à l’abandon depuis une dizaine d’années, rue du Dr Bertillon [Pied de nez fortuit au Dr Bertillon, sinistre anthropo-criminologue, père de la biométrie et de la cartographie policière des corps humains, qui a apporté une contribution déterminante aux répressions et fichages exercés actuellement sur les migrants.]. Les nombreux-ses réfugié-e-s à la rue en plein hiver, et le laissez-faire de la préfecture qui veut juste que tout ce monde reparte au plus vite, a amené la coalition d’associations dijonnaises mobilisées à soutenir des démarches de réquisition d’immeubles et à s’y recoller si nécessaire. En attendant d’avoir fait exploser l’exploitation mondialisée que les frontières protègent tant bien que mal, il y a besoin de soutien matériel et de bricolage rue Bertillon, et les assos débordées cherchent à former des bénévoles pour aider à suivre les dossiers de demande d’asile et les recours en cas de refus.

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Au retour de Valognes, nous sommes heureux-ses de constater aussi que le train CASTOR, transporteur de déchets morbides et ingérables, a connu un retard historique et donc un coût record pour Areva et consorts, grâce aux résistances conjuguées et offensives du côté francophone et allemand : enchaînements, déformations des voies, bloquages, sit-in massifs, manifs et sabotages… Nous participerons le 8 décembre (voir programme) à une rencontre avec le collectif anti-nucléaire de Saône-et-Loire pour se pencher sur les suites localisées, parce que du centre d’armement de Valduc au projet de zone d’enfouissement à Bure, il y a fort à faire dans le coin pour mettre en déroute la société nucléaire.

https://i2.wp.com/pix.toile-libre.org/upload/original/1323317421.pngEt puisqu’on ne croit plus au père Noël mais à l’action collective, nous irons aussi le 22 décembre devant la Mairie à l’occasion du prochain conseil muncipal pour partager une soupe proposée par le Potager Collectif des Lentillères. Histoire de s’assurer que le Pot’Col’Le ne se fasse pas déménager par l’« éco-cité » et de faire passer un peu de l’énergie du quartier.

Sur tout ça, à bientôt !

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Programme de décembre de l’espace autogéré des Tanneries.